Mandalay et les excursions

La pagode Mahammuni

La pagode Mahammuni. Photo Marchés d’Asie.

Une ville en plein essor
Des excursions nombreuses autour de la ville

En venant d’Inlay, peu avant Mandalay, près d’Amarapura, le bus prend un chemin de terre au milieu des temples anciens et s’arrête. Un grand panneau indique «Everybody must be examined». Les passagers sont canalisés vers la table où attendent deux fonctionnaires pour le contrôle des papiers. Car nous venons de l’état Shan, région de culture du pavot et de tous les trafics. Après l’inspection, quelques stands proposent ananas et goyaves vertes. Puis, après la fouille du bus et des bagages, les passagers remontent pour les derniers kilomètres. Au premier voyage, je n’ai pas aimé Mandalay : grande ville en pleine évolution, trafic intense, immeubles carrelés côtoyant les vieilles maisons du centre…
Passage obligé pour aller dans bien des villes, j’y passais du temps et décidais d’arpenter la ville à pied. Je découvrais un monde d’ateliers et de ruelles derrière les monastères, des excursions étonnantes, terrains de fouilles archéologiques…

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Mandalay / Pakkoku, 4 heures, 5000. Kyats en minibus, porte à porte.
Pakkoku / Bagan en voiture bâchée : 2 500 Ks arrivée à Nyaung U .

Mandalay Bagan : 6 heures de bus, 15 000 Ks.
Maisons de thé :

Myanmar Ha kale au croisement des 24 et 84.
La meilleure : Shwe Pyi Mo (3 succursales): 30e rue, 73/74e, 66e rue, 26/27e, 35e rue, 65/66e, à côté du théâtre de marionnettes.

Restaurant :

Lashio Lay, le meilleur !

Glace et lassi au Nylon, 83 /25 str.

Guest-houses, hôtel :
Royal guest-house, 25 th, 82 / 83 str. single sans climatisation, 8 $ ou, si c’est plein, Garden Hotel, Nylon hotel ou ET, tous très proches les uns des autres.
Mandalay City Hotel, bon choix single 70 $, piscine.

Hotel Mahar 24e Rue / 83 et 84e single + petit déjeuner : 18 $. hotelmahar.mdy@gmail.comRoyal

Mandalay View Inn : 23 $ la chambre double, quartier calme, jute à côté de la maison de thé Shwe Pi Moe et du théâtre de marionnettes, 66th, 26 / 27 th street.

Massages : smile 27 / 75e rue, fait par des aveugles

Chaussures birmanes jusqu’au 45 : UK, 37 /38 th street, 83 / 84 th. Il faut demander dans le quartier

Atelier fabrication de chaussures birmanes sur mesure : Ko Myo Kyi, adresse 43 X 80 tél 09-2013117

Ombrelles Mandalay : 37 / 38th et 84 th street.

Marché au jade 38 / 87e rue. Laissez le marché (entrée payante) et promenez-vous dans le quartier pour voir le polissage des pierres.

Pour aller à Mahammuni, prendre les camionnettes qui descendent près du marché dans la rue 82 : 500 Ks, idem pour remonter. Pour revenir de la colline de Mandalay, suivez les douves et arrêtez les camionnettes de transport en commun. Elles vont généralement au marché (Zégyio) pour 300 Ks.

Hanlin, ancienne capitale Pyu, belles ruines, petit musée très intéressant, sources chaudes…

http://www.focusbirmanie.org/un-anti-guide/region-de-mandalay-2/mandalay-une-ville-en-plein-essor/

Innwa : Innwa Naypidaw, Ko Maung Maung et Ma Khin Pyone Yie, Innwa Zeyo Babetan Tada U. Tout le village vit  de la laque des bols à aumône pour les moines. AR avec ne moto pour 12 000 Kyats.

Amarapura, petite ville de10 000 habitants vivant majoritairement du tissage : ateliers dans tout le village autour de la rue principale. Un longy en soie, motif vagues, fait à la main, prend un mois de  travail à deux personnes.  Un longy en coton, tissage mécanique, une demi journée.
Sur la route de la grande pagode, et autour, fonderie de boudhas et de cloches de toutes tailles : moule et ampreinte en terre, enduite à la cire perdue puis polissage. Dans le même quartier, forge de bols et gongs.Maitre de forge tél 444 007503.Maun law et Ko Maun twé, quartier Kyi Pa à Amarapura. Yur la commande : y aller une première fois pour diamètre, son particulier… et retourner le jour de la forge à  heures 30 le matin. Le maître ajuste le son à la demande…

Sagaing, Thi Gindasain : Ko So Tin et Ma Ei Ei San, ThaziYa, tel 072 22696.atelier de tissage de la soie haut de gamme. Ici, on forme les jeunes filles aux tissages complexes entre 3 mois et un an. Les tissages les pludalayans complexes prennent deux mois de travail et coûtent 600 dollars. Sagaing est aussi la capitale de la guitare ! Pas moins de cinq ateliers renommés se partagent les commandes. Dans celui que je visite, 20 personnes y travaillent. Mo Min guitar, Tonbow lan Nan Oo Myo thi ya tel 072 22695.

Bagan Thé, Petit Bagan, village de tisserands. Sur place, paso entre 4000 et 8000 selon la qualité (soie et coton)  en vente à la coopérative.

Grottes de Paw Win Daung : 1500 Ks pour le bus jusqu’à Monywa. Magnifique malgré le saccage environnemental du projet minier de Letpadaung.

Nous partons au Sud à Kyaukse, visiter la pagode aux serpents. Laissant la voiture au bout du chemin carrossable, je suis mon guide à travers champs. Près du fleuve ont commencé des fouilles : des monticules de terre révèlent les restes très nombreux de pagodes. Les ouvriers viennent de dégager l’ouverture d’une construction en briques. A l’intérieur, plusieurs statues de bouddha sont emmenées pour être répertoriées. Posé contre le temple, je remarque un petit moule utilisé pour reproduire les tablettes d’argile qui ornent certains temples. Derrière une table, un archéologue, répertorie les sculptures et enregistre les visiteurs. À Amarapura, j’invite pour le déjeuner chez Daw Hey Htin, à côté de la pagode. On nous apporte les 18 curies du jour : poulet aux feuilles de moutarde, poisson pimenté, anguilles, lentilles, tofu grillé, aubergines… Au temps du roi me dit Daw Hey Htin, trois cents curies étaient servis au même repas !

La grand-rue résonne du bruit des métiers à tisser. Partout, ici, on tisse la soie sur de grands métiers manuels. Il suffit de s’attarder devant la porte pour que le chef de famille nous invite à entrer. Nous passons devant une douzaine de métiers ; on nous reçoit au fond de l’atelier, sur une estrade. Une jeune fille apporte du thé, des sucreries, puis la maîtresse de maison nous ouvre les armoires et explique le tissage savant des soies épaisses à motifs de vagues. Au port, je m’attarde à la tombée du jour ; c’est l’heure de la lessive et du bain ; les femmes ont noué leur longy sous la poitrine et défait leurs cheveux. Les enfants sautent dans l’eau et nagent en criant. En une longue file, les camions chargés d’énormes troncs de teck attendent d’être arrimés le long de grands bateaux pour rejoindre la Thaïlande ou la Chine.

Retour à Mandalay ; dans le centre, les maisons basses en bois laissent peu à peu la place aux immeubles recouverts de carreaux en faïence. De grandes maisons récentes entourées de hauts murs semblent indiquer quelques affaires florissantes. La gare routière est loin du centre ; je trouve un touriste italien, Angelo, et, quitte à faire le tour de la ville pour déposer trois autres passagers, nous partageons un des petits taxis bleus ouverts à l’arrière. Il nous faut une heure pour arriver à la Royal Guest House. Après une douche, Angelo m’accompagne à Winner Computer pour envoyer un mail. Les murs du séjour sont couverts des photos du père de Monsieur Winner, Médaille d’or d’athlétisme aux premiers jeux asiatiques de New Delhi dans les années 50. Le local internet est composé de quatre ordinateurs bricolés. La connexion est difficile, puis une panne de courant oblige à mettre le générateur en route, et à tout reprendre à zéro ! Au bout d’une heure trente, nous avons tous les deux passé notre message. La nuit est tombée, nous dînons au Lashio Lay d’un poulet à la citronnelle et de champignons frais, servis avec un bol de bouillon «hindjo», un grand saladier de riz à la taille des appétits birmans et des bananes roses. La pluie nous surprend sur le retour et au matin, le marché est sous l’eau. Je marche sur la rue pour éviter les trous, de l’eau à mi mollets… J’achète, sur le bord du marché, un bracelet doré et un de ces longys de soie avec de grands motifs en vagues que l’on porte pour les mariages. Ici, quand on ne peut acheter, on loue ! Le mien a du beaucoup servir ; il est usé à la corde à l’endroit des plis mais le tissage est épais et serré, la soie superbe.

La journée passe à la visite d’artisans, d’abord l’atelier de peinture sur verre. Mon chauffeur de trishaw mène l’enquête, pédale d’un quartier à l’autre et semble avoir mordu à ce jeu de piste. Loin du centre, à côté de celui du tatoueur, nous trouvons son atelier. Il semble bien malade, couché sur un matelas au milieu de la pièce. Ses deux filles ont pris la relève et peignent à l’intérieur de flacons de toutes tailles avec un pinceau courbé. Leurs peintures sont fines, inspirées du Ramayana ou des vies de Bouddha. Je continue à pied, me perds dans le quartier des artisans et demande mon chemin … «Marchez 2 blocs au Nord puis 3 à l’Est» me répond un monsieur. D’abord, pas très loin de la pagode Mahamuni, tout le quartier travaille le jade et résonne du bruit des scies électriques et des ponceuses artisanales. La pierre est brulante. Selon la beauté de la pierre, on en décide l’usage : ici une pierre, puis des bracelets… plus loin, c’est une fabrique de tongues : brides noires cousues a la machine et retournées, semelles en pneu dans la maison à côté : les filles sont aux brides et les hommes aux semelles ensuite, c’est une fabrique de guitares : travail du bois dans la boutique, vernis qui sèche appuyé a un zedi. Pour le moment c’est l’heure de la pause : la grand-mère dort sur le lit, les jeunes rigolent avec le vendeur de bétel

Sur la place, au coin, la couturière confectionne des soutiens gorges élabores : dos en cannage, entrelacs et dentelle. il y a ensuite une mise en paquets de cigarettes, et on m(en offre une, puis le rechapage de pneus. Dans le quartier chinois sont fabriqués les feuilles d’or et le papier de bambou sur lequel on le pose. Battre l’or est un travail réservé aux hommes ; ensuite, ce sont les femmes qui prennent le relais pour contrôler la perfection de chaque carré d’or et les lier en paquet de dix feuilles, puis de cent. Je déjeune d’un bol de nouilles à la maison de thé près de l’hôtel. Une équipe de très jeunes serveurs circulent entre les tables, en criant très fort les commandes des clients. Aujourd’hui, je les interroge : le travail commence à six heures trente mais termine à seize heures trente, laissant à certains le temps d’aller à l’école le soir. Leur salaire est de douze mille Kyats par mois, environ onze euros.

Je dîne au Lashio Lay de poisson cuit dans une feuille de bananier et de riz. Le lendemain, un trishaw m’emmène le long des douves vers le palais et se gare devant un de ces grands panneaux que l’on trouve devant les lieux touristiques : « L’armée et le peuple luttent contre toute ingérence étrangère», «L’armée ne trahira jamais la cause nationale» et une nouveauté : « Respect and suspect ». Il faut décliner son identité et se faire enregistrer par un militaire à la table installée sous un arbre car l’enceinte du palais est une zone militaire ; le règlement m’interdit de m’éloigner de la rue principale. L’entrée coût 10 $, mais je négocie et, contre 3 000 Kyats, on me donne un bout de papier arraché d’un cahier portant quelques mots qui me permettent d’entrer. Le palais se trouve plus loin, au centre de l’enceinte ; sa restauration de 1996 est critiquée dans les guides mais je bénéficie d’une patine de 10 ans déjà et trouve l’ensemble intéressant : architecture, enfilade des pièces, mobilier et objets sous vitrines : laques, vêtements, chaussures en or… A la sortie, je m’assieds à la maison de thé toute proche et regarde le va-et-vient.

Pour le reste de mon séjour ici, je loue un petit taxi bleu : un moteur de moto sur lequel a été ajouté un châssis de voiture. Derrière la cabine du chauffeur, l’espace est réduit. Ma tête touche le plafond et mes jambes doivent rester sur le côté ; le chauffeur me propose pour le lendemain une journée « découverte ». A quatre heures, le matin, il m’attend devant la guest-house et nous roulons jusqu’à un monastère derrière le marché où les moines arrivent déjà en file pour le petit déjeuner, serrés dans leur robe. Je n’entends que le bruit de leurs pieds sur le sol : des plus âgés en tête d’un interminable cortège jusqu’aux novices de six ou sept ans. Chacun semble connaître sa place. Des serveurs passent entre les tables avec d’énormes gamelles de soupe de riz et remplissent les assiettes à la louche. Ma présence ne semble déranger personne ; mon hôte répond à mes questions et m’invite à prendre beaucoup de photos à montrer dans mon pays. « Il faut que les gens sachent comment on vit en Birmanie ». Puis il me raccompagne jusqu’à la porte du monastère, jusqu’à la maison de thé pour un dernier moment.