Agir en Birmanie

Aide à la scolarisation. Photo Marchés d'Asie.

Aide à la scolarisation. Photo C. Dutilleul

English version below

Qui sommes-nous ?
Un petit groupe de voyageurs, étudiants… 35 années de voyages et d’études sur le pays ont abouti à ce site.

En 1997, nous nous sommes posés la question : aller en Birmanie ou ne pas y aller ? La démocratie pouvait-elle s’imposer ?
Les sanctions, détournées, ne pénalisaient que la population, exclue des programmes d’aide internationale. Elles étaient, aux yeux des Birmans interrogés, une « double peine ». Nous avons choisi d’y retourner, d’apprendre la langue, de tenter des actions envers les plus précaires. Pour agir,
l’association Marchés d’Asie a été créée en 2003, une micro association, précaire comme les gens qu’elle soutient.

Ses objectifs : agir contre la précarité, soutenir les initiatives locales, mettant les personnes aidées par l’association en situation d’acteurs. En France, nous proposons aux gens qui partent en Birmanie de les aider à préparer leur voyage.

Son fonctionnement : l’association finance totalement ses actions par :
– les cotisations (10 euros par an),
– les dons,
– 6 ventes d’artisanat acheté sur le lieu de production et que nous rapportons dans nos bagages. Les ventes ne servent pas à payer les voyages mais les actions et le rachat d’artisanat. 

Nos actions émergent des discussions avec les gens. Les raisons de leur précarité sont diverses, les aides aussi. Ils expriment leurs problèmes et les raisons de leurs pauvreté. Parfois, ils ont un projet, mais il leur manque un outil, un contact, un savoir-faire, un coup de pouce. C’est là que nous intervenons.  D’un grand nombre d’actions essayées, nous en avons gardé quelques unes, mettant au centre le lien social et la discussion. Notre aventure est avant tout humaine ; nos actions touchent peu de personnes, mais, pour une personne soutenue, c’est une famille qui en bénéficie et que nous suivons.

Donner, prêter, comment agir ? Nous avons souvent débattu. Si Marchés d’Asie utilisait le don, il devait être replacé dans une logique culturelle, et y trouver sa place. Le bénéficiaire devait savoir quel « contre-don » se trouvait à l’envers de ce don et s’inscrire dans une relation logique.

Qui donne à qui et que rend-on ? Les pistes se brouillent parfois mais au centre du projet se trouvent toujours la précarité et la solidarité. On rend à plus précaire, on reçoit de quelqu’un qui a déjà reçu, le lien social y est aussi important que l’aide reçue. L’idée est de rendre ce qui a été donné, à une autre personne précaire et sous une forme discutée à l’avance : un outil de travail, remboursé en sacs de riz à un orphelinat, kits de jardinage urbains fournis à des voisins…

Qui est pauvre et peut bénéficier d’une aide de l’association ?
Nous avons établi un questionnaire évaluant les revenus,  partant de celui de la Grameen Bank. Dans un premier temps, nous avons aidé des familles en situation d’urgence pour garantir un revenu (achat de l’outil de travail remboursé au lieu d’une location exorbitante). En 2012, nous nous sommes orientés vers des actions ne nécessitant que peu d’argent et tournées vers l’autosuffisance alimentaire et l’attention à l’environnement.

Pourquoi tant de pauvreté ? Sanctions économiques, fermeture du pays, expropriations et corruption généralisée ont été le terreau de la pauvreté généralisée

Photo Marchés d'Asie

Photo C. Dutilleul

En 2014, selon The World Ultra Wealth Report, 40 personnes en Birmanie, disposaient de revenus égaux ou supérieurs à US$ 30 millions. Pour la majorité des birmans, la précarité économique et sociale reste la norme. 75 % de la population n’a pas accès à l’électricité. Après les élections, la Birmanie a fait la une des médias ; le gouvernement disait s’engager sur la voie de réformes démocratiques. Les touristes qui depuis longtemps, évitaient le pays, ont afflué… Mais il manque une volonté pour que le développement soit partagé.

Sous le gouvernement militaire, les revenus insuffisants poussèrent à la corruption généralisée. Une hausse des salaires eut lieu en 2006, insuffisante en regard de l’inflation. L’enregistrement du lieu de résidence, obligatoire, nécessitait des documents très difficiles à obtenir ou le paiement d’une amende. L’enregistrement à l’école primaire occasionnait le paiement de 4 à 5 000 Kyats, (4 à 5 €) par enfant, obtenir une copie de  diplôme, 10 € et l’obtention rapide d’un passeport (200 à 300 €) ; vendre sur le trottoir occasionne toujours le paiement d’une taxe quotidienne. Sur les routes, les contrôles fréquents entraînent le paiement de nombreuses amendes. En 2018, malgré les hausses des salaires des enseignants, le système de cours du soir payants est toujours de mise.

En 2017 ont eu lieu des manifestations de milliers de travailleurs demandant la hausse du salaire minimum à 5 600 Ks par jour (contre 3 600 depuis 2015) pour compenser les hausses du niveau de vie ; les loyers minimum à Rangoon en 2017 varient entre 50 et 80 000 Ks par mois, sans salle de bains.

Pour en savoir plus :
• Le contexte des actions
• La parole aux précaires
• La pauvreté vue par les organisations internationales
• La pauvreté vue par Amartya Sen

Nous contacter : contact@focusbirmanie.org  ou  chantbirm@hotmail.com

Who are we?
A small group of travellers, students… 35 years of travelling and studying the country.  In 1997, we discussed about going or not going to Burma? Could democracy be imposed? Sanctions penalized only the population, excluded from all international NGOs programs.
We asked our Burmese friends about the question; they told us it is a «double penalty». We chose to go and return, to learn the language, to try actions towards the most precarious.
To act, the association Marchés d’Asie was created in 2003, a micro association, precarious like the people we support.
Its objectives:  act against poverty and precariousness, support local initiatives, put the poors in a situation of actors.
In France, we give information to tourist who want to travel to Burma.

The association fully finances its actions by membership fees (10 euros per year), donations and 6 sales of handicrafts.  Our actions emerge from discussions with people. They express their problems and the reasons for their poverty. Sometimes they have a project, but they lack a tool, a contact, a know-how, a boost.

Of a large number of actions tried, we kept a few, putting at the center social link and  discussion. Our adventure is above all human; our actions touch few people, but for a sustained person, an entire family gets benefits.

Giving, lending, how to act?  We often debated. If Marchés d’Asie gives help, the helped people have to understand and the gift has to be placed in a cultural logic. The recipient needed to know which “counter-gift” was on the other side of the donation
Who gives to whom and what do we give back? People receive from someone who has already received, the social link is as important as the help received. The idea is to give back to another precarious person what has been given, and in a form discussed in advance: a work tool, reimbursed in bags of rice to an orphanage, urban gardening kits provided to neighbors…

Who is poor and can receive assistance from the association? We developed a questionnaire checking the income of the family. As a first step, we helped families in emergency situations to guarantee an income. In 2012, we focused on actions that required little money and focused on food self-sufficiency and attention to environment: gardening, composting, recycling…

Why so much poverty? Economic sanctions, country closures, expropriations and widespread corruption have been the breeding ground for widespread poverty. In 2014, according to The World Ultra Wealth Report, 40 people in Burma had incomes equal to or bigger than US$30 million. For the majority of Burmese, economic and social insecurity remains the norm. 75% of the population does not have access to electricity.
After the elections,  the government made democratic reforms. Under the military government, insufficient income pushed to corruption. An increase in wages took place in 2006, but insufficient compared to inflation. The compulsory registration of the place of residence required very difficult documents or the payment of a fine.  The primary school check-in resulted in the payment of 4 to 5,000 Kyats, (4 to 5 €) per child, obtaining a copy of a diploma, 10 €, and the rapid obtaining of a passport (200 to 300 €); selling on the sidewalk always entails the payment of a daily fee. On the roads, frequent checks result in the payment of numerous fines. In 2017, thousands of workers protested for the minimum wage to be raised to 5,600 Ks per day (compared to 3,600 since 2015). Minimum rents in Rangoon in 2017 range between 50 and 80,000 Ks per month, without bathroom.

To understand
• The context of actions
• The voice of the precarious
• Poverty seen by international organizations
• Poverty seen by Amartya Sen
contact us: contact@focusbirmanie.org