Nargis

L'aide en rade ! Photo Marchés d'Asie.

Photo Marchés d’Asie.

 Le 2 mai 2008 s’abattait sur le delta de l’Irrawaddy le cyclone Nargis. Des villages entiers disparurent, sans que l’on en connaisse le nombre d’habitants. La région fut bouclée et interdite d’accès, même aux Birmans ; l’aide internationale attendait en mer alors que la junte affirmait gérer la situation

Les ONG parlent de 150 000 morts. Huit jours après la catastrophe, le référendum pour l’approbation du projet de constitution avait  lieu, une semaine plus tard dans la région du delta.

Après le cyclone, on ami me raconta
« Le delta, je connais bien : j’y suis né ! La vie, même en temps normal y est dure, les gens y survivent ! Aucune route ne mène à la plupart des villages ; il faut attendre la marée, sauter dans un bateau pour aller d’un endroit à l’autre. C’est humide toute l’année.

Le soir où le cyclone Nargis s’est déchainé, à Rangoon, les arbres ont commencé à tomber, les tôles à voler. Sur notre maison, un arbre est tombé sans que les dommages ne soient très importants. Mais dans la nuit, vers 4 heures, le vent a tourné et s’est renforcé, et au réveil, nous avons découvert les dégâts dans le centre-ville. Ma famille est originaire du delta ; ma mère y avait rejoint ma sœur dans la maison familiale. Mon fils y est parti le lendemain. Il en est revenu nous décrivant l’importance des dégâts, le désarroi des gens : Maung Soe, un jeune de 17 ans, costaud, avait été emporté par une vague, agrippé pendant plusieurs heures il était parvenu à traverser le bras du fleuve à la nage. Recueilli par les villageois, il est tombé malade. Sans secours ni médicament disponible, il est mort d’une pneumonie. »

Ma Lé,25 ans ; ses 4 enfants sont tous disparus ce jour-là. Depuis, elle les attend. Lorsque l’école a ré-ouvert, elle est allée voir l’instituteur pour excuser leur retard…. et tous les autres…

Mon ami et ses fils sont allés 2 fois par semaine porter nourriture et eau potable dans leur village. Pendant près de deux semaines, la région a été bouclée et interdite d’accès à tous, l’aide internationale refusée, le gouvernement s’estimant seul capable de gérer la situation.

L’aide fut finalement distribuée avec l’aide de l’ASEAN. Les autorisations d’accès dans la région, délivrées au compte-goutte. Il n’existait aucune liste de ces villages provisoires nés du regroupement de familles venues récolter le sel. Certains n’avaient pas de papier. Des villages entiers ont été emportés.
Un an après le cyclone, des centaines de cartons de l’UNICEF attendaient, empilés, dans une zone du marché. En 2012, selon une ONG qui intervient dans le delta, beaucoup de villages n’ont jamais reçu d’aide.