Kyaiktyo

Le Rocher d'or, les hommes seuls y collent les feuilles d'or...

Le Rocher d’or, les hommes seuls y collent les feuilles d’or… Photo Marchés d’Asie

 

Pèlerinage au Rocher d’Or en pays Môn

Je suis partie par le bus de vingt et une heures. Un lecteur DVD coincé entre deux plaques de polystyrène et tenu par une ficelle diffuse en boucle du karaoké. Nous traversons Bago où l’eau a envahi les rues et le marché. Les enfants jouent avec des chambres à air et les habitants circulent en barque. L’armée organise la traversée du pont submergé ; les passants tiennent une corde et la route est en sens unique. Il faut attendre trois heures avant que le bus ne puisse traverser. A 3 heures, le matin, nous arrivons à Pun Camp, le terminus. Le chauffeur réveille les passagers, leur conseillant de manger un bol de nouilles au restaurant ouvert avant de commencer la montée. Je prends une chambre à la Pann Myo Thu et démarre à 7 heures.

Adresse   :
Un grand nombre d’hôtels se sont construits et, avec les touristes nombreux, les prix ont grimpé ! Il vaut mieux organiser le voyage de Rangoon, aller/retour dans la journée. Guest-house : Pann Myo Thu.

Les restaurants sont nombreux, au camp comme au rocher, sans être exceptionnels.

Bel artisanat de jouets en bambou,

Spécialités : fruits confits, sucrés/ salés, à goûter.

C’est à pied qu’il faut faire la montée, en 4 heures, d’un bon pas. La vue est magnifique et le chemin bordé d’échoppes.
Tout en haut, sur le parking, une quantité de maisons de thé servent des en-cas, repas, thé ou café ; les terrasses surplombent le vide, et la forêt. Passez-y un moment, à regarder les allées et venues des pélerins, porteurs… C’est de là que partent les camions, pour une descente vertigineuse et rapide.

Excursions : de Kyaikyo, avec quelques jours devant soi, on va à Mawlmyaine, Hpa Han, capitale de l’Etat Karen.

Le sentier est bordé de boutiques proposant les spécialités du coin : fruits confits, jouets en bambous et cuvettes d’huile aux vertus secrètes dans lesquelles trempent becs d’oiseaux, racines et scolopendres. Je goûte les fruits sucrés/salés parfois pimentés, teste l’huile, enfourne mes achats dans mon sac à dos.

Ca grimpe dur, dans la forêt d’abord, puis sur la crête dénudée, m’assieds, le temps d’une cigarette ; un homme me rejoint « Savez-vous que je sors de 17 ans de prison ? » Puis il me quitte, par peur d’être vu, digne et discret. A 10 heures, me voilà sur le parking des camions, seuls véhicules autorisés à emprunter cette route tortueuse et escarpée. Il reste encore 2 kilomètres raides, mais les paresseux peuvent louer un palanquin et les enfants grimper dans un «panier à dos».

Les Birmans viennent ici en pèlerinage en famille, grands groupes de 10 à 20 personnes, des nourrissons aux grands-parents âgés chargés de ballots et de paniers qui passeront la nuit dans l’enceinte de la pagode. L’entrée du site est gardée par les militaires. Les étrangers doivent payer 6 dollars et laisser leur identité ; je passe mon chemin et me dirige vers la maison de thé. La terrasse surplombe le vide, la forêt et le Rocher d’Or, en équilibre au-dessus du vide grâce à un cheveu de Bouddha ! Un groupe de moines arrive, portant en bandoulière de grosses mitrailleuses et appareils photos en bambou.
Pour redescendre, il faut rejoindre le parking et attendre le coup de sifflet indiquant le départ prochain du camion près duquel on a approché un large escabeau en planches. Alors, c’est la bousculade pour se hisser à bord et prendre place sur une planche en bois. En cinq minutes, nous voilà serrés les uns contre les autres ! Au second coup de sifflet, nous partons pour une descente infernale et rapide qui me remue l’estomac ! En bas, un coup de vent précède une violente averse qui transforme la rue en torrent. Je rejoins le restaurant les chevilles dans l’eau.