La Birmanie devant la CPI 2019

 

Le 11 novembre, une plainte a été déposée devant la Cour Pénale Internationale accusant la Birmanie de génocide.

Une mission internationale indépendante a examiné les accusations de violences commises depuis 2011 en Arakan, ainsi que les états Kachin et Shan. En septembre 2018, les juges ont approuvé la demande de Mme Fatou Bensouda, procureur à la CPI, de poursuivre la Birmanie et d’enquêter sur les événements survenus depuis 2016.

Quelles sont les accusations  contre la Birmanie ?

Le 11 novembre 2018, la République de Gambie a déposé une plainte contre la Birmanie pour génocide. Depuis octobre 2016, l’armée birmane et les milices paramilitaires se sont lancées dans des opérations visant à éliminer les musulmans migrants du Bengladesh qui se nomment eux-mêmes Rohyngya, utilisant le viol, le meurtre, l’incendie des villages après avoir enfermé les habitants dans leur maison. Depuis 2016, les opérations se sont multipliées à grande échelle. Des organisations indépendantes ont enquêté et fourni des preuves quant aux violences commises dans le pays et demandé que soient prises des mesures par la Birmanie.

L’armée birmane sait à présent qu’elle peut être poursuivie malgré la constitution qui donne une totale immunité aux militaires pour leurs actes présents ou passés.

Aung San Suu Kyi se trouve piégée dans son rôle de Conseillère du gouvernement et de Ministre des Affaires étrangères. La constitution de 2008, minutieusement élaborée par les militaires donne à l’armée 25 % des sièges des deux assemblées, et les ministères les plus importants. L’armée compte officiellement 500 000 hommes mais ces chiffres sont à prendre avec précaution, comptant encore des personnes décédées ou ayant déserté. Les militaires sont tout puissants et ont mis la main sur l’économie.

C’est un état dans l’état et, si Aung San Suu Kyi souhaite changer la donne, elle n’en n’a pas vraiment les moyens et n’a pas su utiliser sa majorité pour le faire jusqu’à présent.

Une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies a condamné le 27 décembre la violence contre les musulmans Rohingyas et les autres minorités ethniques.