Burma, the forgotten war

Alors que l’Allemagne envahissait l’Europe en 1939, Aung San refusait la guerre imposée par les Britanniques et réclamait l’indépendance.

Pour les Japonais, la Birmanie leur permettrait de sécuriser un accès aux matières dont ils avaient besoin. Contre le soutien des 30 Camarades le Japon promit l’indépendance et l’entraînement. Churchill voulait reprendre Singapour et préserver l’empire ; Roosevelt lui, soutenait les Britanniques mais soutenait Chiang Kai Chek et le mouvement nationaliste. L’attaque du Japon sur Pearl Harbour contraignit Roosevelt  à déclarer la guerre. 26 pays adhérèrent à la « Grande Alliance» contre les puissances de l’Axe et le Japon. Le 1er ministre Thaïlandais donna son accord aux Japonais pour l’invasion de la Birmanie et déclara la guerre aux alliés en janvier 1942.

La guerre démarra avec l’invasion des troupes japonaises et des 30 Camarades Birmans. Les alliés souffraient de la priorité donnée à la guerre en Europe et en février 1942 la bataille du Sittang, un désastre Britannique qui mena à la retraite vers l’Inde avec d’incroyables difficultés. Négociées avec Chiang Kaï Chek, 30 divisions chinoises arrivèrent pour stabiliser le front central.

A l’Est, les Japonais pénétrèrent dans l’état Shan et à l’Ouest, vers l’Inde. Pour retarder les Japonais, les Britanniques firent sauter le pont d’Ava. Les soldats britanniques atteignirent l’Inde en mai 1942. Une partie des troupes chinoises fut abandonnée sans possibilité d’être secourue. Conformément à l’accord entre la Thaïlande et le Japon, l’armée thaï envahit les états Shans en mai 1942 et repoussa les troupes chinoises en Chine. La victoire japonaise mena à l’installation d’un gouvernement qui lança la construction du chemin de fer entre Bangkok et la Birmanie avec des prisonniers de guerre.

Du côté des Britanniques, la  reconquête fut mise sur pied en juillet, discutée  en octobre 1942. Mais ce n’est qu’en 1944 que la Force 136 organisa la résistance anti-japonaise. Wavell, à la tête des « Chindits », troupes d’élite opérant derrière la ligne de front pour déstabiliser l’ennemi ouvrit la route de Birmanie, permit d’atteindre Akyab (Sittwe) et de s’infiltrer le long de la côte. Le 22 janvier 1943, l’indépendance de la Birmanie fut annoncée par les Japonais.

Mountbatten prit la tête du SEAC en octobre 1943 avec, pour mission de reprendre le terrain en partant de la côte. En juin, les Japonais se retirèrent d’Arakan. Dans le Nord, sur le front du Yunnan, les soldats Chinois traversèrent la Salween et prirent le terrain d’aviation de Mytkyna rejointes par des troupes chinoises de Ledo. Stilvell ouvrit la route vers la Chine avec des troupes chinoises. Suivirent de grandes batailles, victorieuses pour les Britanniques : Admin Box, Pagoda hill, Kohima où 19 régiments britanniques et indiens participèrent au siège de Kohima. En mars eut lieu la bataille d’Imphal qui mena à l’évacuation de 155 000 soldats japonais. L’armée japonaise, vaincue, se regroupa à l’Est de la Chindwin.

L’indépendance accordée aux Birmans  était en fait un leurre et, sous l’impulsion d’Aung San, la BNA décida de s’unir avec les organisations nationalistes contre les Japonais en collaborant avec les alliés. Avec la coopération de la population, l’insurrection démarra dans le Nord début juin ; Mytkyna tomba, puis Katha.

A l’Est de la Birmanie, 32 000 hommes de la la Chinese Expeditionary Force (CEF) traversèrent la Salween  et prirent Lungling avec les Américains. En octobre 1944, 30 000 soldats japonais arrivèrent en renfort. Il était prévu de prendre Akyab (Sittwe) en février 1945. La bataille dura 21 jours ; les Japonais y perdirent 2 000 hommes, les alliés 210. Puis les Britanniques gagnèrent Taungup, Meiktila, Bagan, Mandalay et Maymyo ; ils tenaient le centre de la Birmanie et le 6 mai, Rangoon était libérée. 50 000 japonais étaient alors sur le sol Birman, et gagnèrent la Thaïlande.

Les 6 et 9 août 45, après les bombardements sur Hiroshima et Nagasaki, le Colonel Montgomery accepta la reddition de la 33e armée et un accord préliminaire fut signé le 27 août, ordonnant la soumission des troupes japonaises. 70 000 Japonais restèrent sur place plusieurs mois, employés à des tâches de reconstruction avant d’être rapatriés.

« Vous n’êtes pas l’armée oubliée, pas plus que le front oublié. Personne n’a jamais entendu parler de vous ».  Cette citation, par laquelle commençait la préface du livre, fut prononcée par Lord Mountbatten s’adressant aux troupes de Birmanie en 1943.