Aung San

Détail d'un tissage. Photo Marchés d'Asie.

Détail d’un tissage. © C. Dutilleul

English version below

Un engagement total pour l’indépendance

Avant la colonisation prévalait en Birmanie un système féodal ; le roi possédait le sol, l’eau, et  la vie de ses sujets. L’économie était agricole, les guerres entre groupes fréquentes, repoussant les plus faibles à la périphérie, dans les montagnes. L’État, de système Mandala et de religion bouddhiste, avait un pouvoir central fort, rayonnant sur la périphérie.

3 guerres Anglo-Birmanes aboutirent en 1886 à l’abolition de la monarchie et à l’intégration du pays à l’Inde. L’économie du pays devint dépendante du développement britannique ou des colonies. La nouvelle administration aggravait leur situation par les taxes, obligeant parfois les paysans à s’endetter et vendre leurs terres. L’arrivée massive d’Indiens, employés par les Britanniques eut un impact lourd : des postes importants leur étaient donnés, ce qui exacerba le sentiment nationaliste.

Les régions frontalières étaient sous administrées, mais leurs habitants acquirent  une conscience politique qui fit émerger, face aux birmans, des revendications nationalistes. Une multitude de facteurs convergeant engendra une montée du nationalisme birman au début du 20e siècle, au moment de la naissance d’Aung San.

Aung San naît à Natmauk, le 13 février 1915, dernier de trois filles et six garçons. Son grand-oncle, U Min Yaung, responsable de Natmauk nommé par le roi, fut un des premiers à se révolter contre la colonisation ; arrêté et décapité par les Britanniques, son histoire marqua l’enfance d’Aung San.

Il entra à l’université de  Rangoon en 1932. Renfermé, on le dit parfois asocial. Il participe aux débats et prend la parole dans un anglais si mauvais que, parfois, personne ne le comprend. Il adhère à la All Burma Youth League, proches du mouvement nationaliste, commence ensuite des études de droit et fonde la All Burma Student Union (ABSU) en 1937 dont il était secrétaire.

A ce moment démarrèrent les revendications étudiantes pour plus d’autonomie des universités. La tension monta jusqu’aux grèves de 1936 qui montrèrent l’émergence d’une nouvelle génération de leaders.

En 1937, alors que la Birmanie, détachée de l’Inde, adoptait sa constitution le 1er avril. Aung San mit un terme à ses études et devint, président de la RUSU et de l’ABSU. En 1938, le mouvement anti Britannique mène à la Révolution des 1300, suivie par des grèves dans les champs de pétrole de Chauk. Les travailleurs marchèrent sur Rangoon le 1er décembre 1938, rejoints par 20 000 paysans, des moines et 3000 étudiants ; les nombreuses arrestations et le décès d’un étudiant, tué par la police aggrava la situation. Le mouvement s’étendit,  17 personnes furent tuées à Mandalay dans une manifestation et le Dr Ba Maw, Premier Ministre, démissionna. La répression fut violente, les dirigeants mis en prison ; Aung San y resta 15 jours.

Thein Pe, ami d’Aung San qui avait étudié en Inde, en revint avec des idées communistes. Ayant invité Puranda, membre du Parti Communiste Indien, ils fondèrent une cellule du parti en août 1939 dont Aung San était secrétaire général. A l’explosion de la guerre en Europe le 1er septembre 1939, Aung San publia un manifeste affirmant les objectifs pacifiques de la Dobama Asi Ayone et forma le Freedom Block. Il déclara inacceptable l’entrée en guerre de la Birmanie sans discussion ni consultation des textes légaux.

Aung San rejoignit le Burma Revolutionnary Party, branche secrète de la Dobama Asi Ayone, se rendit en Inde et rencontra Gandhi et Nehru ; dans un discours il déclara le pays prêt à affronter les Britanniques. Dés l’entrée en guerre de la Grande Bretagne, et les organisations étudiantes et paysannes se joignirent au mouvement nationaliste ; les Britanniques arrêtèrent les leaders.

Aung San comprit qu’il devrait gagner l’indépendance par les armes ; des contacts furent pris par le Japon qui pensait utiliser les nationalistes pour mettre en place l’occupation du pays. Le Colonel Suzuki en charge des forces militaires en Birmanie reçut son ordre de départ en 1939 avec pour objectif de rassembler des informations en vue de l’invasion. Un plan pour l’indépendance de Birmanie fut ébauché : 30 nationalistes Birmans seraient entraînés à Taïwan puis renvoyés en Birmanie pour démarrer la révolte contre les Britanniques. Une fois le plan accepté, le Colonel Suzuki arrangea le départ de deux équipes en Birmanie Aung San arriva à Rangoon le 3 mars. Les Trente Camarades débarquèrent sur l’île de Haïnan administrée par les Japonais depuis 1939 où ils reçurent un entraînement militaire.

Le 6 septembre 1941 eut lieu une conférence préliminaire à l’entrée en guerre du Japon avec les US, la Grande Bretagne et les Pays-Bas. Suzuki y fit venir les Trente Camarades et il fut décidé qu’à la déclaration de guerre, les Japonais envahiraient la Birmanie. Les Trente Camarades seraient ramenés en Birmanie pour former la Burma Independence Army et combattre les forces britanniques.  Le 27 décembre, les Trente Camarades et quelques 200 thaï d’origine birmane fondèrent  la Burmese Independence Army, première armée Birmane de résistance, et prirent la route de Mae Sot, avec l’essentiel des troupes Japonaises d’invasion.

La chute de la France en 1940 facilita le plan des Japonais : en juillet un accord fut signé entre le gouvernement de Vichy et le Japon et, comme prévu, l’invasion japonaise en Asie du Sud-Est suivit l’attaque de Pearl Harbour. Puis démarra la campagne d’invasion à Tavoy et Moulmein. Fin janvier, les Japonais tenaient tout le Tenasserim. Rangoon, après 2 raids aériens les 23 et 25 décembre fut évacuée. Après les batailles de la Salween et du Sittang, les Japonais progressèrent rapidement : Rangoon tomba le 8 mars, puis Toungoo, Prome, Magwe, Lashio, Mandalay et Mytkyna le 8 mai.

La BIA, entrainée et armée par les Japonais devait faciliter les opérations japonaises, obtenir la coopération des nationaux et restaurer l’ordre dans les zones occupées. Le 9 février, les Japonais décidèrent de retarder l’indépendance de la Birmanie. Les frictions s’exacerbèrent et les leaders prirent conscience qu’à la fin de la guerre, leur combat continuerait ; la BIA comptait alors 23 000 soldats. Aung San avait le soutien et l’admiration de la population mais de plus en plus de mal à supporter la pression du gouvernement Japonais : torture, disparitions, travail forcé.

Le 19 mai 1942, il demanda à rencontrer le commandant en chef Japonais et des politiciens Birmans pour organiser la future administration ; Dr Ba Maw fut choisi pour diriger l’intérim. La BIA fut dissoute et reconstituée sous le nom de Burma Defense Army et le 1er août 1942, le Dr Ba Maw prit la tête du gouvernement de transition mais le pouvoir réel était dans les mains des Japonais et les Birmans réalisaient déjà la vraie nature de l’occupation : ils avaient reçu les Japonais avec hospitalité, mais leur arrogance et leur cruauté n’avait fait qu’augmenter : ils prenaient sans payer dans les boutiques, violaient, torturaient. Aung San savait qu’il devait les chasser du pays.

La pression était pour lui si forte qu’il tombe malade ; hospitalisé, il est soigné par Ma Khin Kyi qui devient sa femme. En mars 1943, Aung San, Commandant en chef de la BDA est invité au Japon et l’indépendance annoncée le 1er août 1943.  Il organise le mouvement de résistance anti-japonaise et obtient une alliance avec les communistes.
Les Karen, groupe ethnique de Birmanie, avaient toujours aidé les Britanniques et formaient la majorité de la Burmese Independence Army (BIA). Aung San réussit à regagner leur confiance. Il
se trouva alors dans une position  dangereuse : il devait préparer l’insurrection sans éveiller les soupçons des Japonais.  Une administration militaire, appelée Civil Affairs Service était chargée de collecter des informations par le biais d’agents, en particulier sur les activités de la force 136 qui coordonna les activités anti-japonaises fixées au 2 avril 1945.

La résistance armée contre les Japonais démarra le 27 mars 1945. Mountbatten, Commandant suprême des alliés pour le Sud-est asiatique, réussit à convaincre les dirigeants d’intégrer la BNA dans les troupes Alliées ; le 6 mai qu’Aung San rencontra Slim à Maymyo qui rejeta et le bras de fer pour l’indépendance continua. Mais, à mesure des discussions, Aung San  gagna l’admiration de Slim et un accord fut trouvé le 25 mai : les troupes d’Aung San combattraient les Japonais sous le commandement des Britanniques. En échange, les Britanniques approvisionneraient les troupes. Le General Slim rapporta l’entretien à Mountbatten, accéda à la demande d’Aung San de le consulter pour les questions importantes. Dans les discussions qui suivirent concernant l’intégration d’Aung San et des troupes de la BNA, Lord Mountbatten défendit toujours Aung San. Il le rencontra le 16 juin, ainsi que d’autres leaders : Than Tun, Ne Win. Il expliqua alors à Aung San la teneur du White Paper publié le 17 mai 1945 : un gouvernement civil serait rétabli en Birmanie lorsque la situation le permettrait. Il les mit en garde contre toute tentative de sabotage de la politique Britannique.

Mais la situation changea avec la reddition des Japonais le 14 août 1945 et les discussions se poursuivirent jusqu’à la signature, le 7 septembre, du Kandy Agreement créant la Regular Burma Army avec un double commandement, birman et ethnique. Aung San, à qui Mountbatten avec offert un des deux postes, refusa et quitta l’armée pour retourner à la politique et mener le pays à l’indépendance. L’administration militaire britannique du Major Général Pearce cessa à l’arrivée du Gouverneur Dorman-Smith, le 17 octobre.

Aung San se prépara avec les troupes de l’AFPFL à la poursuite des hostilités. Dorman-Smith revint avec le White Paper prévoyant de garder le pays sous administration directe pendant trois ans ; puis auraient lieu des élections, la rédaction d’une constitution qui permettrait au pays d’intégrer le Commonwealth, ce qui était pour les Birmans, inacceptable. Le 22 septembre 1945, l’AFPFL envoya ses exigences au Gouverneur Dorman-Smith : tous les postes du Conseil exécutif sauf ceux de la Défense et des Relations Etrangères devaient être tenus par des Birmans.

Le conflit avec le Gouverneur devint ouvert. Le 2 novembre, le Gouverneur forma son nouveau Conseil Exécutif et persuada plusieurs membres de l’AFPFL d’y participer mais en exclut Aung San, Than Tun et U Ba Pe en raison de leur influence. L’AFPFL organisa un meeting à Rangoon pour protester et demanda l’organisation d’élections et la rédaction d’une constitution. Le 20 janvier 1946, Aung San fut réélu Président de l’AFPFL. Mais il se préparait aussi à utiliser de nouveau la force et forma la People’s Volunteer Organization (PVO),  sous son commandement.

Dans le même temps, l’unité s’effrita dans l’AFPFL : les plus extrémistes des communistes furent exclus de l’AFPFL et le groupe se sépara alors en deux : « Drapeau rouge » et « Drapeau blanc » et Dorman-Smith joua alors sur la division pour mettre Aung San en difficulté. Mountbatten qui soutenait Aung San poursuivit les discussions. Il disposait, en mai 1946, de 6449 soldats armés. Le Gouverneur, ordonna l’interdiction de tout uniforme pour les soldats qui furent arrêtés et plusieurs milliers de manifestants défilèrent entraînant une dure répression. Le 14 juin 1946, le Gouverneur fut rappelé à Londres.

En novembre, Aung San parvint à faire voter la résolution demandant l’annonce par les Britanniques avant le 31 janvier 1947 d’une indépendance accordée dans l’année. Invité à Londres, il arriva le 9 janvier et signa l’accord le 27 janvier, avec le Premier Ministre Atlee, malgré le désaccord de Thakin Ba Sein et U Saw.
L’accord prévoyait qu’une assemblée constituante serait élue en avril, composée uniquement de citoyens Birmans. Le Conseil Exécutif fonctionnerait comme gouvernement intérim, contrôlant l’armée Birmane. L’unification des territoires frontaliers serait poursuivie tenant compte des revendications des habitants. Aung San croyait que l’intégration des territoires frontaliers était possible et était prêt à accorder l’autonomie à ceux qui la voudraient.

Selon le paragraphe 8 de l’accord Aung San–Attlee, les Birmans devaient achever l’unité des territoires frontaliers avec leur consentement. Aung San avait l’intention de prendre en compte les minorités. Sur ce sujet, son opinion divergeait avec celle des leaders Birmans des générations précédentes. Il démarra avec les Karen en 1943 qui apprécièrent sa franchise et sa capacité d’écoute.  En plus des Karen et des Arakanais avec lesquels il travaillait déjà, les Kachin, Shan, et Chin lui donnèrent sa confiance. Avant de partir à Londres en 1946, il fit le tour du pays dans l’intention de préparer l’unité, de Myktyna au Tenasserim où 20 000 personnes vinrent de toute la région, y compris de Thaïlande puis aux États Shan, qu’il voulait libres.

Du 7 au 12 février, une conférence eut lieu à Panglong, dans les États Shan avec pour objectif d’écouter les revendications et de savoir si les territoires frontaliers voulaient faire partie de la Birmanie indépendante ou non. L’accord de Panglong fut signé le 12 février 1947, faisant d’Aung San le fondateur de l’unité du pays. Cet accord reflétait l’optimisme d’Aung San et des représentants des territoires des frontières. Selon l’accord, un représentant des groupes ethniques serait choisi par le Gouverneur et serait Conseiller du Gouverneur pour les affaires touchant aux territoires frontaliers. Après la conférence, Aung San prépara les élections et fit campagne sans relâche pour l’AFPFL ; partout, des milliers de gens se déplaçaient pour l’entendre.

Les élections eurent lieu le 9 avril 1947 et l’AFPFL remporta 172 sièges sur 255, 27 revenaient aux Karen, 4 aux anglo-birmans, 45 aux territoires des frontières et 7 aux communistes. L’assemblée constituante se réunit le 18 mai et réaffirma ce qu’il avait toujours voulu : socialisme et démocratie, l’égalité pour tous ; le 16 juin 1947, il lut à l’assemblée constituante le projet de constitution aux représentants des territoires frontaliers et son obstination à résoudre les problèmes les uns après les autres permit  l’approbation du projet de constitution le 18 juin 1947. Thakin Nu partit pour la Grande Bretagne rencontrer le Premier Ministre et obtenir la promesse de l’indépendance au plus tard le 31 janvier 1948. 

Le 19 juillet, à 10 heures 30, alors qu’il présidait une réunion du Conseil Exécutif, il fut abattu avec ses ministres, meurtres, apparemment commandité par U Saw. Il avait 32 ans. Le 26 juillet fut déclaré deuil national. Le Gouverneur Dorman-Smith proposa que Thakin Nu prenne la tête du Conseil Exécutif. L’indépendance fut accordée le 4 janvier 1948 et, comme Aung San l’avait demandé, la Présidence de l’Union fut donnée à un représentant d’un groupe minoritaire, Sao Shwe Thaike, un leader shan. U Saw fut arrêté et jugé coupable, puis pendu le 8 mai 1948.

A Total Commitment to Independence Before colonization in Burma a feudal system prevailed; the king owned the land, water, and life of his subjects. The economy was agricultural, wars between groups frequent, pushing the weakest to the periphery, to the mountains. The state, of Mandala system and Buddhist religion, had a strong central power, radiating on the periphery. In 1886, three Anglo-Burmese wars led to the abolition of the monarchy and the country’s integration with India. The country’s economy became dependent on British development or colonies. The new administration aggravated their situation by taxes, sometimes forcing peasants to go into debt and sell their land. The massive arrival of Indians, employed by the British, had a heavy impact: important positions were given to them, which exacerbated the nationalist sentiment. The border regions were under-administered, but their inhabitants acquired a political awareness that led to the emergence of nationalist demands in the face of the Burmese. A multitude of converging factors engendered a rise in Burmese nationalism at the beginning of the 20th century, at the time of the birth of Aung San.Aung San was born in Natmauk on February 13, 1915, the last of three girls and six boys.  His great-uncle, U Min Yaung, head of Natmauk appointed by the king, was one of the first to revolt against colonization; arrested and beheaded by the British, his history marked the childhood of Aung San.He entered the University of Rangoon in 1932. Withdrawn, it is sometimes said asocial. He participates in debates and speaks in an English so bad that sometimes no one understands it. He joined the All Burma Youth League, CLOSE to the nationalist movement, then began law studies and founded the All Burma Student Union (ABSU) in 1937, of which he was secretary. At this moment the student demands for more autonomy of the universities began. Tension rose until the 1936 strikes, which showed the emergence of a new generation of leaders.In 1937, when Burma, detached from India, adopted its constitution on 1 April. Aung San finished her studies and became president of RUSU and ABSU. In 1938, the anti-British movement led to the Revolution of the 1300, followed by strikes in the Chauk oil fields. The workers marched on Rangoon on 1 December 1938, joined by 20,000 peasants, monks and 3,000 students; the numerous arrests and death of a student, killed by the police aggravated the situation. The movement spread, 17 people were killed in a demonstration in Mandalay and Dr Ba Maw, Prime Minister, resigned. The repression was violent, the leaders and Aung San put in prison. Thein Pe, Aung San’s friend who had studied in India, returned with communist ideas and founded a party in August 1939. The war started in Europe on September 1, 1939, Aung San published a manifesto affirming the peaceful objectives and formed the Freedom Block. He joined the Burma Revolutionnary Party,  went to India and met Gandhi and Nehru. When Great Britain entered the war, student and peasant organizations joined the nationalist movement; the British arrested the leaders. Aung San understood that he will have to fight for independence and contacted Japan. It was decidede Japan would use the nationalists to establish the occupation of the country. Colonel Suzuki in charge of the military forces in Burma received his departure order in 1939. A plan for Burma’s independence was drafted: 30 Burmese nationalists would be trained in Taiwan and sent back to Burma to start the revolt against the British. Once the plan was accepted, Colonel Suzuki arranged the departure to Burma.Aung San arrived in Rangoon on 3 March. The Thirty Comrades disembarked on the Japanese-administered island of Hainan since 1939, where they received military training.  The Thirty Comrades would be brought back to Burma to form the Burma Independence Army and fight the British forces.  On 27 December, the Thirty Comrades  founded the Burmese Independence Army, the first Burmese army of resistance, and took the road to Mae Sot, with most of the Japanese invasion troops.

The fall of France in 1940 facilitated the Japanese plan: in July an agreement was signed between the Vichy government and Japan and, as expected, the Japanese invasion of Southeast Asia followed the Pearl Harbour attack.
Then began the invasion campaign at Tavoy and Moulmein. At the end of January, the Japanese held all the Tenasserim. Rangoon, after two air raids on 23 and 25 December was evacuated. After the battles of Salween and Sittang, the Japanese advanced rapidly: Rangoon fell on March 8, then Toungoo, Prome, Magwe, Lashio, Mandalay and Mytkyna on May 8. The BIA, trained and armed by the Japanese, was supposed to facilitate Japanese operations, obtain national cooperation and restore order in the occupied areas. On 9 February, the Japanese decided to delay Burma’s independence.
The friction escalated and the leaders realized that at the end of the war their fight would continue; the BIA then had 23,000 soldiers. The pressure of the Japanese government was very heavy: torture, disappearances, forced labor. On May 19, 1942, Aung San asked to meet with the Japanese commander-in-chief and Burmese politicians to organize the future administration; Dr.Ba Maw was chosen to lead the interim. The BIA was disbanded and reconstituted as the Burma Defense Army and on August 1, 1942, Dr.Ba Maw took over the transitional government but the real power was in the hands of the Japanese. They had received the Japanese with hospitality, but their arrogance and cruelty had increased: they took without paying in the shops, raped, tortured. Aung San knew he had to drive them out of the country.
The pressure was so strong that he fell ill; hospitalized, he was treated by Ma Khin Kyi who became his wife. In March 1943, Aung San, Commander-in-Chief of the BDA was invited to Japan and the independence announced on August 1, 1943.  He organized the anti-Japanese resistance movement and secured an alliance with the Communists.The Karen, an ethnic group from Burma, had always helped the British and formed the majority of the Burmese Independence Army (BIA). Aung San managed to regain their trust. He then found himself in a dangerous position: he had to prepare the insurrection against the Japanese.  A military administration, called the Civil Affairs Service, was responsible for collecting information through agents, in particular on the activities of Force 136, which coordinated anti the armed resistance against the Japanese began on March 27, 1945. Mountbatten, Allied Commander for Southeast Asia, convinced the leaders to integrate the BNA into the Allied troops.
On May 6 Aung San met Slim in Maymyo and as discussions progressed, Aung San gained Slim’s admiration; an agreement was reached on 25 May: Aung San’s troops would fight the Japanese under British command. In exchange, the British would supply the troops. General Slim reported the interview to Mountbatten, agreed to Aung San’s request to consult him on important matters. In the discussions that followed concerning the integration of Aung San and the BNA troops, Lord Mountbatten always defended Aung San and explained him the contents of the White Paper published on May 17, 1945: a civilian government would be restored in Burma when the situation allowed. He warned them against any attempt to sabotage British politics, but the situation changed with the surrender of the Japanese on 14 August 1945 and discussions continued until the signing of the Kandy Agreement creating the Regular Burma Army with a dual command, Burmese and ethnic. 
Aung San, to whom Mountbatten offered one of the two positions, refused and left the army to return to politics and lead the country to independence. Major General Pearce’s British military administration ceased upon the arrival of Governor Dorman-Smith on 17 October. He prepared with AFPFL troops for the continuation of hostilities. Dorman-Smith returned with the White Paper planning to keep the country under direct administration for three years; then elections would be held, the drafting of a constitution that would allow the country to integrate the Commonwealth, which was for the Burmese, unacceptable. On 22 September 1945, the AFPFL sent its demands to Governor Dorman-Smith: all the positions of the Executive Council except those of Defense and Foreign Relations were to be held by Burmese.The conflict with the Governor became open. On 2 November, the Governor formed his new Executive Council and persuaded several AFPFL members to participate but excluded Aung San, Than Tun and U Ba Pe because of their influence. On 20 January 1946, Aung San was re-elected President of AFPFL. But he was also preparing to use the force again and trained the People’s Volunteer Organization (PVO). At the same time, the unity in the AFPFL crumbled: the most extremist of the communists were excluded from the AFPFL and the group split into two: «Red Flag» and «White Flag» and Dorman-Smith then played on the division to put Aung San in trouble. Mountbatten, who supported Aung San, continued the discussions. In May 1946, he had 6,449 armed soldiers.
The Governor, ordered the prohibition of all uniforms for the soldiers who were arrested. On 14 June 1946, the Governor was recalled to London.
In November, Aung San succeeded with the announcement by the British of an independence granted in the yearbefore 31 January 1947. Invited to London, he arrived on 9 January and signed the agreement on 27 January, with Prime Minister Atlee, despite the disagreement between Thakin Ba Sein and U Saw. The agreement stipulated that a constituent assembly would be elected in April, composed of Burmese citizens only. The Executive Council would function as an interim government, controlling the Burmese army. The unification of the frontier territories would be continued taking into account the demands of the inhabitants. Aung San believed that the integration of border territories was possible and was ready to grant autonomy to those who wanted it.
According to paragraph 8 of the Aung San–Attlee agreement, the Burmese had to complete the unity of the border territories with their consent. Aung San intended to take minorities into account. On this subject, his opinion diverged from that of the Burmese leaders of previous generations. It began with the Karen family in 1943, who appreciated its frankness and ability to listen. The Kachin, Shan, Arakanese and Chin followed the Karen. Before leaving for London in 1946, he toured the country from Myktyna to Tenasserim, where 20,000 people came from all over the region, and then the Shan states, which he wanted free. From February 7 to 12, a conference was held in Panglong, Shan States, with the objective of listening to the demands and knowing whether the border territories wanted to be part of independent Burma or not. The Panglong agreement was signed on February 12, 1947, making Aung San the founder of the unity of the country. This agreement reflected the optimism of Aung San and representatives of the border territories. According to the agreement, a representative of ethnic groups would be chosen by the Governor and would be Advisor to the Governor for border matters. After the conference, Aung San prepared for the elections and campaigned tirelessly.Thousands of people travelled  to hear him.The elections were held on 9 April 1947 and AFPFL won 172 of 255 seats, 27 of which went to the Karen family, 4 to the Anglo-Burmese, 45 to the border territories and 7 to the Communists. The Constituent Assembly met on 18 May and reaffirmed what it had always wanted: socialism and democracy, equality for all.
Thakin Nu went to Great Britain to meet the Prime Minister and to obtain the promise of independence no later than 31 January 1948.  On 19 July, at 10.30 a.m., while presiding over a meeting of the Executive Council, he was shot and killed with his ministers, apparently commissioned by U Saw. He was 32 years old. July 26 was declared national mourning. Governor Dorman-Smith proposed that Thakin Nu take over the Executive Council. Independence was granted on 4 January 1948 and, as Aung San had requested, the Presidency of the Union was given to a representative of a minority group, Sao Shwe Thaike, a Shan leader. U Saw was arrested and found guilty, then hanged on 8 May 1948.