Rangoon : le vieux centre

Shwedagon

Shwedagon. Photo Marchés d’Asie

C’est là que j’aime loger, arpenter les rues à pied, dès le lever du jour, découvrir les artisans. En passant sur le Strand, bordant le fleuve, je regarde débarquer les habitants de Dalla qui viennent travailler à Rangoon. De l’autre côté, c’est le delta…

Adresses 2017 

La ville ne manque pas de charme, le vieux centre, concentré près de l’ancien port. Outre les pagodes et les parcs, le centre de Rangoon se découvre à pied, pour voir les artisans et les petits métiers : réparateur de parapluie ou de tongues, assembleur de journaux, couseur de livre, vendeur d’eau fraiche… La rue Pansodan concentre de beaux bâtiments. Vous trouverez la rue des bijoutiers, celle des fabricants de tampons en caoutchouc (32e rue), des revendeurs d’ordinateurs en pièces (29 et 30e rues). Sur Bogyoke Aung San Road, le marché, et, plus loin, l’hôpital. Autour de la 24e rue, c’est le quartier Chinois. En traversant le delta, se trouve Dalla, une zone industrielle et le nouveau port.
Pagode Shwedagon, entrée 8 $ pour les étrangers
Sulé pagoda et le vieux quartier du centre
Le Musée National sur Pyay road, à deux pas du marché

Le musée du film, juste en face du Clover hotel
Botataung Paya :
3 $ pour les étrangers.
Zoo
, 3000 Kyats, magnifique parc.
Le tour de la ville en train (une demi-journée) fait traverser les quartiers de maisons attribuées aux militaires, les jardins d’Insein, et revenir dans le centre. Partent des quai 6 et 7 de la gare centrale 1 $ pour les étrangers.
Traversée pour Dalla départ de Pansodan Jetty, 2 $ aller simple.Twante, village de tisserands set de potiers.
Les marchés se suivent à Rangoon : celui indien, des tissus et des épices, celui des Birmans pour les uniformes, les médicaments… celui pour les touristes, rassemblant une bonne part de l’artisanat produit en Birmanie. Deux blocs plus loin, le marché Theingyi, moins touristique !  (http://www.focusbirmanie.org/rangoon-le-vieux-centre/ )
Les meilleures boutiques de laque : Héritage, au premier étage.de Scott Market
Les tissages ethniques : Yoyamay, a cote de Heritage.

Librairie : Bagan bookshop, 37e rue.

Salade de thé : Yuzana, 22, Nawaday street, Dagon, juste derrière le marché..

Logement

Motherland Inn 2 Lower Pazundaung, single transfert aéroport compris : 25 $. Bon accueil, bruyant. tél 09-314339849
York residence bed and breakfast, Yaw Min Gyi road tél 01-1223574 contact@yorkresidence.com : 32 $ single.
Hotel@Yangon heritageSule Paya Lan, jolie maison ancienne décorée avec gout, 54 $ single
Royal star
321 Mahabandoola Garden str tél 095-01388551 /35/45 $.
Olympic Hotel olympichotelmyanmar@gmail.com : 55 $ single, piscine.
Royal 74 Hotel 74, Shwe Taung Tan street, single, 30 $.
Two Nine hotel 238/240 Bogyoke Street Tél 245483 twoninehotel@gmail.com  40 $ ch double.
Hotel Lavender juste sous Shwedagonn Yétashè street (rue de l‘atelier de jouets en bambou), 55 $ la chambre

Aung Tha PyayMerchant / 8e rue, à partir de 40 $ la single aungthapyayhotel@gmail.com

Restaurants, maisons de thé :
New Delhi 274, Anawratha : succulents petits déjeuners.
Lucky seven, 49e rue : jolie terrasse, la meilleure maison de thé. Ouverte tôt ferme à 16 h.
Nilar, 250, Anawratha, pour un lassi ou un biriani.
Danuphyu pour manger birman. 29 th rue  ou Aung Thuka, 17(A), 1st street.
Lotaya, au fond du marché Scott market vers la passerelle.

Golden Jetty restaurant, Baw Kaw Aung San road, près de la 40e rue

Oriental house restaurant, 126 Myomakyaung road, vapeurs chinois.
Bo Yar Nyunt street : Tha Yeik food center, restaurant et Aung Mingalar Shan noodles.

Atelier de fabication de jouets en papier mâché Yétashè street

Bharat, Mahabandoola str., près de la 38e rue

Gecko, Merchant Str. Entre la 37e et Pansodan
Sakura Tower, dernier étage : café Thyripytsaya, très belle vue, à partir de 17 heures
Shwe Palaung, maison de thé, Mahabandoola street / 27e rue.

The Strand, pour le service parfait et la beauté du lieu

Transports
Pour prendre un billet de bus, allez au stade, près de la gare où sont rassemblés les bureaux de vente des compagnies
Pour aller du centre à la gare des bus (1000 Ks : minibus, départ de Sule pagoda sur Mahabandoola, toutes les ½ heures. Prévoir 10 minutes de plus car les minibus s’arrêtent à l’extérieur. Taxi : 8 000 Ks ou 5 000 en partageant un taxi.

 

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◊ Nats et Bouddha
◊ Les fêtes birmanes
◊ Quelques livres
◊ La structure de l’état birman
◊ Artisanat

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A la sortie de l’avion, je trouve la chaleur moite qui précède la pluie. Le taxi longe le chantier du nouvel aéroport et descend vers la vieille ville, près du fleuve. Je guette le toit doré de Shwedagon. L’avenue en courbes suit la colline puis le lac et se termine près du marché. Là, les rues étroites se croisent à angle droit et les immeubles semblent importés d’une grande ville indienne. Au carrefour près de l’église, des enfants se glissent entre les voitures pour proposer des guirlandes de fleurs fraîches à accrocher au rétroviseur en offrande à la photo d’un bouddha. Dans le quartier de Sule Pagoda où je loge, il n’y a, pour l’instant, pas d’électricité.

L’hôtel est construit dans le style birman ; les fenêtres donnent sur le couloir et, dans ma chambre, c’est la nuit noire ! On met en route le générateur le temps que je m’installe. Du couloir, au 5e étage, mon regard plonge sur les toits de vieilles maisons hérissés d’une abondante végétation. Des arbustes parfois, prennent racines entre les pierres et tendent le cou entre les antennes paraboliques.
Entre les rues Bogyokye Aung San et Anawratha s’étirent les marchés ; derrière le temple de Kali d’abord, c’est le marché indien des colorants, parfums et plantes médicinales, puis celui des médicaments et des uniformes. Une fois traversée Bogyokye Aung San Road par la passerelle, c’est Scott Market, le marché des boutiques de souvenirs, antiquaires, joailliers, coiffeurs, aquarellistes et restaurants. C’est en fait un quartier entier bien ordonné où tous les concurrents sont rassemblés dans une ou deux allées. Au fond du marché, dans les boutiques de tissages ethniques commence mon voyage. La vendeuse me montre ses nouvelles acquisitions, m’explique la provenance des tissages, leur usage. Elle les date par la finesse du fil, la technique des nœuds. Je prends des notes et organise mon voyage pour retrouver les tisserands, détenteurs de ces savoir-faire qui se perdent.

Autour du marché, les trottoirs sont occupés par une multitude de petits métiers : vendeurs de nouilles, de fleurs et de légumes, de fripes, de monceaux de pièces d’ordinateurs ou de téléviseurs. Parfois, la police passe, obligeant à plier en vitesse. Les bijoutiers, regroupés tout près de là le long de Shwebontha Street, présentent leurs pierres par couleur sur des tables basses. Vendeurs et acheteurs discutent autour d’un thé avant de déplier de petits papiers où apparaissent quelques pierres. L’acheteur sort alors une pince, une loupe, et pour eux, plus rien n’existe que ces pierres… Puis ce sont les artisans des agences publicitaires, experts en découpe à la scie manuelle de lettres en plastique qu’ils collent ensuite sur une plaque colorée. J’enfile les rues, une à une. Le savoir-faire des artisans pallie les pénuries. Ici, tout se répare : la baleine d’une ombrelle, la bride d’une tongue en velours. Un tabouret en plastique posé sur le trottoir devant l’échoppe permet d’attendre, le temps de la réparation. Parfois, on offre même du thé au client. Devant l’entrée de Sulé Pagoda, une femme accroupie près de grandes cages propose des oiseaux et, pour quatre cents Kyats, me met deux oiseaux dans la main que je laisse s’envoler pour une prochaine vie meilleure et libre.…
Tout près, autour de Mahabandoola-garden s’installent les astro-palmistes ; ils tendent sur la grille leur enseigne, un morceau de coton sur lequel est peinte une grande main. Avec le jour et l’heure de ma naissance, il dessine 2 carrés à 9 cases où sont inscrits des chiffres, me parle du passé, de l’avenir, et termine par une recommandation : « Attention à ne pas fréquenter les gens nés le mercredi et à ne pas vous marier un samedi ! ». Sous un arbre, les passants assoiffés soulèvent le couvercle en plastique et puisent avec un gobelet dans de grandes cruches en terre. Pour de l’eau froide, il faut payer : les vendeurs attirent le client en tapant d’une main sur un gobelet en métal et de l’autre, versent sans cesse l’eau de leur seau sur un bloc de glace posé dans un filtre en tissu.

Ce premier jour, après avoir ébauché mon circuit, je monte à Shwedagon, la pagode d’or. Du marché, il suffit de suivre Shwedagon Paya road qui monte jusqu’à l’entrée Sud. Devant la maison de quelque important personnage du régime, il faut traverser, des soldats sont là pour y veiller. Puis apparaît le toit doré, étincelant au soleil couchant. A l’entrée, dans une jarre vernie, les birmans récupèrent un sac plastique laissé par un précédent visiteur pour y glisser leurs chaussures. De là se suivent de longues volées de larges marches, bordées de boutiques de souvenirs, jouets en pâte à papier et articles pieux : autels, bouddhas en bois ou en albâtre, chapelets en jade ou en santal. En prenant sur la droite après les premières marches, un sentier longe un monastère puis les jardins. La pierre est chaude sous les pieds, presque brûlante. Après le QG des pompiers, un escalier sur la droite mène au stupa derrière le temple hindou. Au sommet, sans que les visiteurs ne puissent vraiment les voir, des milliers de diamants et de pierres précieuses serties dans des plaques d’or donnent au stupa son éclat rosé. Il y a là un curieux mélange des genres : temple hindou, statue de Bouddha et de nats se côtoient, comme si les birmans avaient gardé une trace de toutes les influences passées. Autour de la symétrie du stupa, une foule de petits édifices marquent l’histoire du pays, dédiés aux nats. Une fois la visite terminée, il me reste la beauté du lieu et l’atmosphère joyeuse et sereine. Je m’assieds près du stupa des huit jours. Née un vendredi, je suis du signe du cochon d’Inde. Je me fraie un passage jusqu’aux robinets et récupère un gobelet en plastique. Pour maintenir ma chance, je verse sur l’animal en albâtre autant de verres d’eau que d’années vécues plus une car ici, la vie commence au moment de la conception. Dans le recueillement des visiteurs, je laisse aller mes pensées et m’imprègne de ce que j’aime ici : la force et la tolérance des gens, la beauté du pays.

29ème rue, je dîne au Hla Myanmar Thamin Zain, « magasin de riz «beauté birmane», d’une salade de citron et d’un curry de crevettes. On m’apporte un bol de bouillon aigre et une assiette de légumes blanchis à l’eau : minuscules aubergines, concombre, gombos et un saladier de riz. Pendant le repas, l’électricité s’arrête et les générateurs prennent le relais dans un grondement synchronisé. Les trottoirs se vident quand je regagne l’hôtel. Dans Anawratha, la rue principale, un seul feu règle la circulation ; pour traverser, il faut se lancer entre deux voitures, puis attendre une occasion propice pour continuer. Dans l’obscurité, je fais le détour jusqu’à la passerelle du marché et gagne l’hôtel dans le vrombissement des générateurs. J’arrive au New Delhi à l’ouverture ; je viens ici chaque matin aussi, sans attendre ma commande, le serveur m’apporte café au lait et puris croustillants accompagnés de quatre sauces : une brune, celle que je préfère, piquante et citronnée, une crème, parfumée aux graines de pavot, le dal aux lentilles et le curry de pommes de terres.
Maung Maung, ami et guide du jour, m’attend avec un sourire malin et propose de m’emmener à la fabrique de verre de Nar Gar. Nous sautons dans un bus, rejoignons la correspondance sur le porte bagage d’un vélo, puis un autre bus qui nous dépose à l’entrée d’une impasse. Au fond, de gros monticules de verre à recycler ou objets défectueux nous indiquent le chemin de l’atelier : une bâtisse en planches couverte de feuillages. A l’intérieur, autour du four central, sept postes de travail fondent jusqu’à sept couleurs en même temps. C’est le sable des plages birmanes qu’on utilise, chauffé un jour entier à mille deux cent degrés puis travaillé, soufflé, tiré, tordu parfois. Puis les objets sont remis au four pour une journée et refroidis lentement. L’électricité s’arrête et, à la lueur du verre rougi au feu, je reste près du four d’argile, à regarder le geste des souffleurs. L’arrivée des touristes a donné un nouveau souffle à cette entreprise familiale. Le patron polyglotte fait visiter les groupes de touristes. À la sortie, on peut acheter dans la petite boutique ou bien se servir directement dans les tas qui s’amoncellent dans la cour…

Pour ce dernier jour à Rangoon, je pars à Kyauk Tan, dans le delta. Sur Mahabandoola, un bus m’emmène au Yuzana shopping center. Après le pont attendent les camionnettes ; nous passons le bras du fleuve, traversons la zone industrielle avant Tanlwin, puis la camionnette m’arrête sur le bord de la route. C’est là qu’habite Pye Soun, le tailleur, et sa famille : sa femme, sa mère et sa belle-mère, son fils, dans une maison en bambou au fond d’un petit jardin sablonneux. Les dégâts causés par le cyclone Nargis sont bien présents. La chute de deux arbres sur la toiture nécessite de tout refaire avant les prochaines pluies ; contre une commande payée d’avance, il rentre avec moi à Rangoon acheter les tôles … Le prix de 5 nuits à la guest house pour les tôles de son toit… Je récupère ma commande de masques en papier mâché près de Shwedagon et fais le détour pour vois la tombe du dernier empereur Indien, enterré en secret par les Britanniques pour qu’aucun culte ne lui soit rendu, tombe découverte dans les années 60, lors de travaux. Étranges destins croisés que ceux de ces souverains, Indien et Birman, déportés par les Britanniques, morts et enterrés en secret de tous.

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