Les actions

Vendeur d'eau fraiche

Vendeur d’eau fraiche

La pauvreté est omniprésente en Birmanie. Elle  atteignait 36 % de la population en 2013 (Banque Mondiale. Celle des campagnes où les gens vivent de leurs cultures, sans revenus monétaires. Celle des villes où affluent les expropriés de leurs terres, les populations des zones d’insécurité.

Depuis, les chiffres  sont en augmentation du fait de l’inflation ; l’ouverture du pays a permis au pays de retrouver une place sur la scène internationale et permis aux privilégiés d’élargir à l’international leurs activités. La croissance, , réelle,ne fait que leur profiter et on ne voit pas l’émergence d’une clase moyenne.

Est pauvre, pour l’association Marchés d’Asie, toute personne qui, hors de toute norme monétaire, ne peut se nourrir, se loger, se soigner, et s’éduquer selon ses choix. Entre 2008 et 2012 a démarré une enquête sur les bas revenus. En Birmanie, il n’existe pas de salaire minimum et il n’y a bien souvent aucun revenu régulier.

Pour nos actions,
– nous ne donnons pas d’argent,
– les moyens à mettre en oeuvre n’excèdent pas l’achat d’un outil de travail,
– elles impliquent la personne qui reçoit qui doit connaître le fonctionnement de l’association, adhérer au réseau de solidarité et chercher comment y participer. Enfin, le montant utilisé doit être restitué, sous forme d’argent ou de service rendu, à l’association ou à d’autres personnes précaires.

Les actions de l’association étaient-elles une utopie ? Les plus précaires nous échappent ; il aurait fallu de plus gros moyens, plus de temps. Peu importe !

Nos actions visent à garantir un revenu par famille. A chaque famille son histoire, ses difficultés, ses projets et ses besoins. Il n’y a pas une solution pour tous, mais une pour chacun

En savoir plus :

• Deux Prix Nobel face à la pauvreté, M. Yunus et J. Stiglitz
• La pauvreté vue par Amartya Sen
• La pauvreté vue par F. de Bernard
• La pauvreté vue par les Organisations internationales

En 2014, pour une famille de 4 personnes qui doit acheter sa nourriture en ville, il faut au moins 130 US$. Le moindre aléa mène à la précarité, les familles ne disposant pas d’épargne ni d’une protection sociale. Il faut une stratégie de survie …. A chacun la sienne !

Quelles stratégies de survie ?
Les organisations internationales fixent à 1,25 dollars par jour et par personne le seuil de la pauvreté. C’est parfois une famille qui vit avec ce montant.
En milieu rural où tout le monde cultive le riz, le complément apporté par la culture des légumes assure l’autonomie alimentaire (chasse, cueillette et pêche complètent l’alimentation). En ville, tout est plus difficile. La première mesure est la restriction des protéines animales. En cas de maladie, si on allait auparavant à l’hôpital, la famille va acheter au marché, les médicaments conseillés par le vendeur.

Il est courant de déscolariser les enfants pour qu’ils aient, eux aussi, un revenu. À la campagne, les enfants aident dans les champs. En ville, les garçons sont souvent serveurs dans les maisons de thé, les guest-houses.  À Sittwe et Bagan, ceux, rencontrés, employés par la municipalité au ramassage des déchets dans les rues, reçoivent un salaire de 15 000 Kyats.

La solution la plus fréquente est d’envoyer à l’étranger un membre de la famille qui enverra une partie de son salaire. Contre le versement à une agence d’US $ 1 000 (prix de 2007), les migrants reçoivent passeport et contrat de travail, le plus souvent pour être serveur dans un restaurant de Malaisie. Ils sont renvoyés chez eux. D’autres passent illégalement la frontière avec la Thaïlande, alors à la merci des contrôles de police  et souvent obligés d’accepter un travail moins bien rémunéré que les Thaï. À Bangkok sur Kao San Road, le quartier des touristes, les vendeurs sont tous Birmans.

Pour la plupart des petits commerçants, le stock de la journée est le plus souvent acheté à crédit.  L’argent est prêté le matin : pour 10 000 Ks, l’intérêt sera de 400 Kyats pour une demi-journée et de 800 Kyats pour la journée entière. L’argent doit impérativement être rendu le jour même, au risque de ne plus pouvoir emprunter ; pratiquement tous les vendeurs des marchés fonctionnent avec ce type de crédit. Chaque quartier de Rangoon dispose d’au moins un prêteur birman, qui loue parfois les services d’agents pour assurer le remboursement des sommes dues.

Dans les régions frontalières, la situation économique des personnes interrogées était différente selon les endroits : les familles disposaient le plus souvent de terrains suffisants à nourrir tout le monde mais les villageois disaient ne plus chasser comme avant. La mortalité infantile y est  supérieure à la moyenne nationale annoncée par le gouvernement (région de Kengtung, villages ethniques) et bien des familles ne vivaient que de leurs cultures, sans revenus monétaires autre qu’un peu d’artisanat ; lorsque quelqu’un tombait malade, il n’y avait alors pas de possibilité d’aller à l’hôpital ou au dispensaire.

À Sittwe
Dans bien des familles interrogées, les enfants n’allaient pas tous à l’école, beaucoup travaillaient comme porteurs au marché, livreurs d’eau, à déboucher les canalisations ou à ramasser les déchets pour des revenus très bas (3 000 à 15 000 Kyats par mois, environ 15 € au taux de change de 2011). Certains projets d’aide sont réservés aux musulmans qui n’ont pas accès à tous les emplois et souffrent de discrimination.

La région de Putao est éloignée, difficile d’accès. La terre est très fertile et ne manque pas ; toutes les maisons ont un jardin potager, même en ville. En cas de besoin, les personnes interrogées disent généralement vendre les surplus ou « aller à la rivière chercher de l’or ». Mais, les Rawang, majoritaires dans la région, se disent inquiets de voir les birmans s’installer en grand nombre et démarrer des projets peu respectueux de leur environnement.

Dans la région de Kengtung, la situation varie selon les groupes ethniques.
Lorsqu’ils sont chrétiens, ils bénéficient parfois du soutien des missions. C’est le cas des Akha ou des Black Lahu par exemple. Les petits groupes, éloignés des routes et du marché sont parfois dans des situations de grande précarité ; souvent animistes, ils comptent sur le chamane pour rétablir les désordres du monde lorsqu’ils sont malades. C’est le cas des Eng, des Lahu Shi. Leur espace vital a été réduit et, si leurs récoltes ne suffisent pas, ils n’ont pas de quoi acheter ce qui leur manque. Leurs conditions de vie sont d’autant plus difficiles que le climat des montagnes est froid.

Près de Chaukmè, les villages Palaung vivent de la culture du thé qu’ils descendent tous les jours pendant la saison de la cueillette et vendent aux usines (5 000 Kyats le viss en 2012). Les femmes Palaung récoltent pour les braconniers les orchidées sauvages qui, après avoir fait la tournée, partent les vendre à Musé.

Dans l’État Chin, à Mindat, région accessible depuis peu, les gens manquent rarement de nourriture. Peu de touristes passent dans la région en raison des contraintes  ;les femmes tissent et brodent des tissus traditionnels vendus au marché et dont une partie part sur Rangoon.

Paradoxalement, en 2015, il est plus difficile pour l’association d’agir ; la reprise des combats dans l’état Shan et l’état Kachin mène à l’impossibilité d’accéder à ces zones et de suivre les actions démarrées.

Les téléphones portables si coûteux jusqu’en 2010 s’achètent pour quelques dollars (entre l’autorisation, la carte sim, l’appareil et les communications entrant et sortant à 5 $ la minute, le coût se montait à plusieurs dizaines de milliers de dollars !) ;  même si les communications ne passent pas, tout le monde veut son téléphone pour prendre des photos et envoyer des sms.  Les gens rencontrés moins sensibles à nos actions quand elles demandent du temps et de l’énergie comme la mise en place d’un compost.

 

Campagne d'affichage. Photo Marchés d'Asie.

Campagne d’affichage. Photo Marchés d’Asie.

Les ateliers de jardinage urbain ont beaucoup de succès, comme les distribution de graines dans les campagnes. Ils font l’objet de discussions très animées. Dans les villages, les gens sont demandeurs d’informations sur l’environnement, et les actions se mènent aussi auprès des guides.

Les ateliers de crochetage de plastique ont du succès en particulier chez les jeunes filles des quartiers très défavorisés ou les orphelinats.

Nous soutenons un dispensaire et une école gratuits et créés par un prêtre et un moine dans un quartier pauvre de Mandalay. Le dispensaire fonctionne tous les matins grâce à 8 médecins bénévoles et accueille près de 200 personnes chaque jour. Il doit être agrandi prochainement. L’école accueille des orphelins ou enfants dont les parents ne peuvent payer les frais secondaires de l’école (uniformes, livres et cahiers).

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