Les migrants de Birmanie

 

 Photo Marchés d'Asie.

Photo Marchés d’Asie.

Combien sont-ils, les Birmans qui ont quitté leur pays ? On parle de 2 à 4 millions en Thaïlande. La pression politique, les conflits ethniques ou le besoin d’un revenu poussent les Birmans à partir. 

Sur le territoire thaïlandais, une petite partie d’entre eux, Karen et  Karenni, vivent dans les camps de réfugiés, sous la protection des Nations unies. Beaucoup d’autres ont passé la frontière illégalement, se cachent et vivent de petits boulots.

37e rue, de nombreuses agences de recrutement vivent en faisant partir les jeunes qui ont un niveau d’études leur permettant d’avoir un salaire à l’étranger. L’élite du pays, comme les pauvres s’en vont avec la bénédiction du gouvernement…

…C’est d’abord une femme que je rencontre. Elle est fière de m’annoncer le départ de son fils le lendemain, en Malaisie. Il est passé par une agence où elle a déboursé cent mille Kyats, soit environ quatre-vingt dollars, pour un passeport et un contrat de travail ; une fois sur place, l’agence gardera les sept premiers mois de salaire (trois cents dollars par mois environ). S’il tombe malade, il sera renvoyé.

…Puis, c’est un jeune homme qui m’aborde dans une maison de thé. Il est assis à la table à côté ; je le vois hésiter et s’approcher. «Je ne vous dérange pas ?» Il me montre alors l’annonce de Greenway, office du gouvernement, parue dans le journal, pour le recrutement de personnel qualifié pour la Malaisie ; lui est chimiste et contre cinquante mille Kyats, l’agence Greenway lui fournira une lettre de recommandation et un contrat. Il lui faut encore payer le passeport, le voyage… Son contrat de chimiste lui garantit mille deux cents dollars par mois.