2012 en Arakan

Sittwe, juin 2012. Photo Marchés d'Asie.

Sittwe, juin 2012. Photo Marchés d’Asie.

Les violences entre musulmans et bouddhistes en Arakan commencèrent en mai 2012 après le viol et l’assassinat d’une femme par des musulmans ; en riposte, des Arakanais tuèrent 10 musulmans dans un bus. Les affrontements qui suivirent firent 50 morts et 54 blessés. 2230 maisons furent détruites ;75 000 musulmans travaillant ou habitant Sittwe furent placés dans des camps à la sortie de la ville et le Président Thein Sein intervint et déclara l’état d’urgence dans l’état Rakhine.

Sittwe, juin 2012. Photo Marchés d'Asie.

Sittwe, juin 2012. Photo Marchés d’Asie.

L’incapacité à gérer la situation mena à l’éclosion en septembre 2012, d’un mouvement ultra nationaliste. L’Organisation of Islamic Cooperation chercha de son côté à s’établir à Rangoon.

Des manifestations furent organisées. En mars 2014, tous les membres des ONG quittèrent l’Arakan et stoppèrent leur aide aux 140 000 personnes déplacées. Le conflit  toucha laussi les Kaman, groupe reconnu par le gouvernement et ayant la nationalité ; leurs déplacements sont à présent soumis à autorisation.

Une commission d’enquête fut nommée en 2012. Le rapport ne parle pas de Rohinga mais de Bengali. Le rapport évoquait la montée du sentiment d’insécurité de la population Rakhine en raison de l’augmentation du nombre de migrants du Bengladesh.

Selon Jacques Leider et Derek Tonkin, le terme Rohynga fait référence à un texte du 18e siècle concernant les migrants du Bengladesh sous la colonisation britannique, venant pour travailler provisoirement, constituant 30 % de la population en 1912. Le terme de Rohynga commença à être utilisé par les musulmans après l’indépendance. Après le coup d’état de 1962 et la mise en place du gouvernement militaire ultra nationaliste. 200 000 musulmans s’enfuirent  au Bengladesh en 1977 et revinrent l’année suivante. En 1992 de nouveau, plus de 250 000 Rohyngas fuirent dont 200 000 environ ont été rapatriés à la suite des négociations entre le gouvernement du Bengladesh et de la Birmanie.

L’enjeu est pour eux l’obtention de papiers d’identité. Aung San Suu Kyi a refusé de prendre position. En mars 2013, les violences se sont étendues à Meiktila et en avril 2013 à Rangoon.

En 2017

La situation n’avait pas vraiment évolué et la tension est permanente. L’Union européenne appella en 2017 les Nations Unies à envoyer une mission  d’enquête sur les allégations de torture et de viols par l’armée Birmane. 75 000 personnes ont fui vers le Bengladesh après les opérations « de sécurité » de l’armée birmane en octobre 2016, en réponse aux attaques d’insurgés d’un poste frontière, tuant 9 officiers Birmans.

Ces tensions interviennent dans un contexte politique marqué par un nationalisme fort et une religion bouddhiste très présente.

14 août 2017 : des milliers de bouddhistes ont manifesté en Arakan accusant les ONG de soutenir les musulmans. L’armée a renforcé ses effectifs. Près d’un millions de musulmans vivent en Arakan. Sans nationalité, ils ne peuvent pas se déplacer ; près de 120 000 sont encore dans des camps depuis 2012, survivant grâce à l’aide minimum fournie par les ONG.