Les sanctions économiques

Dispensaire

Dispensaire. Photo Marchés d’Asie.

Face à la répression  des manifestations de 1988, la communauté internationale prit des sanctions.

Début 1990, elles concernaient pour les Etats-Unis l’interdiction de vente d’armes, et les visas pour la junte. Elles s’élargirent en 1997, avec la loi Cohen-Feinstein interdisant tout investissement américain. En 2003, le Burmese Freedom and Democracy Act (U.S.A.) interdit l’importation de tout produit birman, les prêts, les transferts de devises, et gela les avoirs de la junte. L’Union européenne exclut la Birmanie en 1997 du système de préférence généralisé puis élargit en 2011, avec l’embargo sur les armes, l’interdiction d’entrée dans l’UE de 375 membres et proches du régime, un gel de leurs avoirs, l’interdiction d’investir et d’importer bois, métaux, minerais, pierres précieuses ou semi-précieuses, et la limitation des relations diplomatiques .

Les sanctions stoppèrent la modernisation de l’industrie et l’accès aux nouvelles technologies ; elles furent un frein considérable au développement, et participèrent indirectement au maintien de la pauvreté.
En 1973, la Banque mondiale accordait en 1973 des prêts à la Birmanie à hauteur d’US $ 752 millions et la BAD pour US $ 530 millions dont plus de la moitié dans le secteur agricole et 12 % la santé. Elle stoppa son aide. Les investissements étrangers passèrent d’US $ 1 milliard/an au début des années 1990, à US $ 85 millions en 1997. Les 150 entreprises occidentales du pays fermèrent, entraînant la perte de 70 à 80 000 emplois.

Le pays fut exclu des programmes d’aide internationaux, alors  que la part du budget consacrée à la santé était extrêmement faible (0,4 %), contre, dans les pays voisins 1,5 % des moyens publics.
L’impact des sanctions sur la junte resta limité : pour seul exemple, Than Shwe acheta à la Chine en 1992, des armes arrivant du Portugal, transitant par Singapour, pour un montant d’US $ 1,5 millions, en violation totale de l’embargo. Alors que la Chine est elle-même isolée à la suite de la répression des manifestations de Tiananmen en  juin 1989. La commande incluait avions de chasse, tanks, artillerie de défense anti-aérienne,  munitions et bateaux.

Enfin, sous la pression de groupes militants, le tourisme resta limité, (200 000 touristes en 2008 contre 6 millions en Thaïlande).

Les Birmans interrogés qualifient les sanctions de double peine.

Pour en savoir plus :

• La parole aux précaires