Mindat et le Mont Victoria

Depuis 2015, il n’y a plus besoin d’autorisation pour aller dans l’Etat Chin.

Le trajet Mindat à Pakokku peut se faire en bus, 7500 Kyats, 7 heures de route, départ 8 h30. Ou 100 $ par jour pour la location d’une jeep avec chauffeur. Très belle route pour Kanpethlet. Dans l’état Chin, en 2015, tout le monde travaille aux routes, pour un petit salaire de 30 $. Beaucoup de très jeunes filles qui cassent des cailloux. Les garçons sont au goudron ou au ciment, selon le cas.

 

Mindat et le Mont Victoria

Transports
Mindat à Pakokku en bus, 7500 Kyats ou jeep avec chauffeur : 100 $ par jour minimum

Logement
Thun, 20 $, très propre, salle de bains,
Victoria Guest-house, en face du marché, 9 $ la single

Restaurants :
Bon restaurant de nouilles en face de Victoria guest-house
Myomar, 3 000 Kyats par personne.
Juste à côté, restaurant birman, excellent, 1 000 Kyats.
Une maisons de thé donne sur le marché.
À visiter, petit musée privé dans le bas de la ville, près de l’école gouvernementale de tissage, tenu par Mr Robert Om Koe.

Mont Victoria:
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Kampetlet : Pine wood villa, 70 $ / 35 $ pour les chambres simples. Excellent repas, 6 000 Ks.
Ecolodge, prix variables selon la saison, très bon accueil, repas sur commande. Le patron est à l’origine de la création du Parc National de Natmataung et est très investi dans la défense de l’environnement.

J’avais rêvé de cette virée en pays Chin. Je voulais retrouver les artistes à l’ouvrage, tisssant ces motifs complexes, et marcher dans les montagnes. De Bagan, m’avait-on dit, l’autorisation était plus facile à obtenir.
Au bureau MTT, le directeur avait pris les choses en main et promis une réponse sous quinzaine. Je logeais à la New Wave guest house, bon marché, et qui me louait un vélo. J’y étais seule, et profitais de la terrasse donnant sur la grand-route. Je profitais de cette attente pour interroger les gens sur le déplacement de la population de 1991. La raison du gouvernement était de dégager la zone archéologique, mais j’avais l’impression que les constructions allaient bon train : hôtels et restaurants, commerces en lien avec le tourisme…
Si les gens avaient répondu très facilement à mes questions à Rangoon, ici, personne ne semblait parler librement. De Rangoon, je savais qu’il était quasi impossible d’acheter. D’une part, le prix de l’acre de terrain était monté en 2009 à 50 000 US$ et de toutes façons, même avec de l’argent, un proche du gouvernement enchérissait à chaque tentative ! Il semble en fait que ce déplacement forcé ait engendré des opportunités d’enrichissement incroyable pour les proches du gouvernement : banques, agences de voyage, restaurants, hôtels, boutiques de souvenirs…

Au bout de 14 jours est arrivée l’autorisation, et la voiture. Le directeur de MTT vint me présenter voiture et chauffeur accompagné de 2 demoiselles, jeunes guides, désireuses de m’accompagner pour connaitre le pays ! Je suis partagée entre l’envie de faire plaisir et la peur de l’arnaque, tente quelques questions sur les droits et les devoirs de chacun et nous convenons, avec grincements de dents de part et d’autres, qu’elles viendront et paieront logement et repas.

Nous traversons l’Irrawaddy avec le bac puis poursuivons dans la plaine, traversant plusieurs fois le lit de rivières, un passeur guidant le chauffeur, assis sur le capot. L’état Chin n’est accessible en voiture qu’entre novembre et avril et, même en saison sèche, on ne sait jamais si on atteindra la destination.

Premier arrêt pour déjeuner. Il règne un certain malaise, le chauffeur installé d’un côté, les filles de l’autre. La mise au point nécessite d’inviter tout le monde pour ce premier repas. Ensuite, on mangera ensemble et je paierai pour le chauffeur ; l’atmosphère se détend. La route est belle : falaises de sable, lit des rivières, puis, ça grimpe dans la forêt jusqu’à Mindat, petite ville du bout du monde. Nous devons d’abord nous présenter à l’immigration où le responsable nous impose la visite au monastère récemment construit… premier bastion d’une birmanisation en cours.
Les 2 demoiselles se montrent intéressées par le shopping de longys brodés, et la visite à un célèbre voyant jeteur de pierres, avec l’objectif de savoir si elles rencontreront l’âme sœur cette année.

Le médium sort de son sac son attirail : une pierre, un couteau et une racine de galanga qu’il coupe en fines rondelles qu’il lance sur la pierre. Le verdict tombe, seule l’une d’elles, la plus jeune, se mariera cette année. La bonne humeur est tombée !

Le soir, nous apprenons que la route pour Kampetlet est coupée par un éboulement et que nous ne pouvons pas continuer vers le Mont Victoria. Je prends un guide local pour la suite de mon séjour, seul intéressé à me faire connaitre la région et nous nous quittons après un repas au restaurant de la ville. La salle donne sur la vallée, par-dessus la forêt. Il fait très froid et j’ai enfilé toutes les épaisseurs dont je dispose. La cuisine locale est un régal, ultra propre. Nous logeons à la Guest-house du gouvernement ; un vieux militaire m’apporte un baquet d’eau chaude dans l’immense chambre. Le lendemain, après une courte ballade, les courses au marché de tissus et fruits (ici, on produit des mandarines en quantité), nous prenons la route du retour, avec de nombreux arrêts. Au final, une virée disproportionnée en terme de coûts / intérêt. Plus question pour moi de remplir la voiture pour faire plaisir !