Un pays riche… beaucoup de pauvres

 

Un loyer impayé. Photo Marchés d'Asie.

Un loyer impayé. Photo Marchés d’Asie.

La Birmanie est un pays riche en ressources naturelles. On y compte pourtant beaucoup de pauvres : près de 27 % en 2010, plus de 36 % en 2014 selon la Banque Mondiale, alors qu’un très petit nombre de privilégiés s’enrichissent sans limites..

Depuis les élections, les médias étrangers mettent l’accent sur les mesures positives. Les questions posées au parlement le montrent : les élus se font relais de la population ; les réformes en cours montrent une volonté de changement de certains  ; d’autres semblent peu décidés à lâcher les intérêts en jeu, montrant en quelque sorte deux évolutions concomitantes et opposées, entre d’une part le Président et les parlementaires favorables aux réformes et d’autre part, les commandements locaux et quelques privilégiés, peu enclins à renoncer à leur pouvoir.

En 2014, 75 % de la population n’avait pas accès à l’électricité et, selon The World Ultra Wealth Report, 40 personnes en Birmanie, disposaient de revenus égaux ou supérieurs à US$ 30 millions. La gouvernance des dernières décennies a mené à l’aggravation de la pauvreté, compte tenu d’une inflation très importante et de salaires inadaptés. Pour les birmans, la précarité économique et sociale est la norme.

Pour en savoir plus :
• 2015, des avancées ?
• Quelques livres
• Chronologie de la Birmanie
• Une économie dans les mains des privilégiés
• La structure de l’État Birman
• Un gouvernement civil ?
• La nouvelle constitution
• Les groupes ethniques
• La Birmanie, entre la Chine et l’Inde
• Les priorités du gouvernement

Depuis l’indépendance, les politiques menées n’ont pas été centrées sur un développement : il manque encore au pays des valeurs partagées par tous et structurant la nation.

Des changements sont en cours, la Birmanie reprend sa place au plan international ; l’Union européenne et le Canada ont déjà levé une partie des sanctions et les pays développés sont prêts à financer des projets de développement. Politique et économie sont étroitement liées. Comment fonctionne l’économie du pays ? Autour de quelles valeurs se construit la nation ? Au fil des voyages et des études, les pièces d’un puzzle complexe et opaque se sont mis en place, montrant l’impact sur les populations les plus précaires et l’environnement.

L’évolution des dernières décennies montre l’émergence d’un très petit nombre de privilégiés qui ont mis la main sur l’économie du pays. En parallèle, la montée de la pauvreté résulte de l’inflation, de l’exode rural qui amène en ville  une main d’oeuvre importante et non formée, une industrie inexistante et des expropriations qui se multiplient.

– Avant 1990 :  colonisation et période socialiste avec la fermeture du pays, jusqu’aux manifestations, et la quasi faillite du pays et son ouverture à la Chine et la Thaïlande. Les fortunes viennent de l’illégalité (trafic d’opium et d’amphétamines) en particulier.

– De 1991 à 2008 : période militaire, avec Ne Win et Than Shwe. Pour donner au pays une apparente normalité, on négocie les cessez-le-feu avec les groupes ethniques avec des accords commerciaux, y compris permettant le développement du commerce et de la production de drogues (opium et méthamphétamines.

– à partir de 2009 : la préparation des élections pousse de nombreux militaires à démissionner de l’armée. Les changements s’amorcent, avec une pression accrue sur les groupes armés pour qu’ils passent sous autorité Birmane et la forte hausse du nombre de prisonniers politiques (Source : Human Rights Watch). Dès les élections, on communique sur la libération de nombreux prisonniers, des réformes mènent à la création d’une Commission des Droits de l’Homme, l’organisation de forums économiques pour lutter contre la pauvreté, l’élection d’Aung San Suu Kyi.

Mais quelle est la réalité des précaires ? Les choses ne changent pas pour eux.