Les privilégiés : Tay Za

Proche du Gen Shwe Mann et de la plupart des militaires.

1987 Il quitte l’Académie militaire des services de la défense avant la fin des études, épouse Thida Zaw et reprend le commerce familial du riz.
 1990  Tay Za créé Htoo Trading Company (exportation de teck et de riz, capital 333 333 $). Il se rapproche des généraux (Than Shwe et Shwe Mann), obtient des concessions de forêt dans l’État Karen, Bago Division, le Tenasserim. Htoo Trading Company devient Htoo Group of Companies (intervenant dans les secteurs de la construction, l’agriculture, les transports, le tourisme). 5e plus gros exportateur du pays avec des gains officiels supérieurs à US $65 million pour 2006-2007.
 1993 Il créé Myanmar Avia Export Company Ltd  pour fournir des pièces détachées à l’armée. Il représente le fabricant d’avions MAPO et d’hélicoptères Rostvertol (devenue en 2006 Oboronprom Corporation). Selon plusieurs experts et le Trésor américain, il a utilisé cette société pour acheter avions et hélicoptères pour le compte de l’armée.
 2004 Il créé Air Bagan Limited, 1e compagnie aérienne privée. Après les sanctions économiques, la banque de Singapour refuse de continuer à gérer ses comptes ; les vols vers Singapour supprimés. Tay Za investit avec un français dans le restaurant Le Molière et construit le centre commercial Myanmar Shopping Center à Rangoon.
 2005 Il reçoit du gouvernement le marché de la construction de Naypidaw (avec Asia World Co.). Tay Za est mis en cause par le rapport de Global Witness qui l’accuse d’aggraver la déforestation dans les concessions qu’il exploite. Global Witness affirme que Htoo Trading Company surexploite la forêt directement et par le biais de sociétés plus petites qui revendent à Htoo Trading Company l’une des rares sociétés à avoir une licence du gouvernement.
2006 Tay Za s’implique dans l’extraction du jade (à Pakhant), rachète des blocs aux petites sociétés contre du matériel, donnant  un million de Kyat à chaque famille déplacée, l’équivalent en 2012 de US$1 000 . Source Kachin News Agency.
Il accompagne une délégation en Russie pour discuter d’achat d’armes. Cette même année, il fait l’objet d’une enquête lancée par le Ministère des finances qui aboutit à l’imposition de ses revenus.
 2008  Tay Za dit avoir participé à la reconstruction après Nargis à hauteur d’US $ 3 millions, mais, selon les observateurs il aurait reçu des compensations du gouvernement.
Il sponsorise le Yangon United Football club et affirme avoir dépensé en 10 ans US $ 6 millions (écoles, hôpitaux, pagodes, bourses pour étudiants, écoles pour handicapés), très peu en fait, au regard de ses revenus.
Tay Za obtient une licence pour importer du fuel. Il attribue un poste au conseil d’administration d’une de ses sociétés à Aung Thet Mann, fils du Gen Shwe Mann (N° 3 de la junte).
Thida Zaw, la femme de Tay Za, achète la London Cigarette Company contrôlant l’industrie du tabac. Source : The Irrawaddy,12 janvier 2010.
Tay Za possède des entreprises à Singapour : Pavo Trading (commerce de bois et de produits de la mer), Htoo Transportation Services (transport lourd et maritime) Htoo Wood Products (meubles et bois). Ses fils Pye Phyo Za et Htet Tay Za y font des études (Htet Tay Za au United World College of South East Asia).
Sur internet, le fils de Tay Za, Htet Tay Za, 19 ans, s’exprime sur les sanctions économiques : « US bans us, we’re still fucking cool in Singapore. We’re sitting on the whole Burma GDP. We’ve got timber, gems and gas to be sold to other countries like Singapore, China, India and Russia. »
Il est suspecté d’avoir aidé Than Shwe à fuir à Dubaï après les manifestations et fait l’objet avec sa famille de sanctions des USA et de l’Union européenne.
 2010  Il obtient une licence pour la création d’une banque : Asia Green Development Bank.
 2011  Asia Green démarre la « mise en valeur » de 10 000 acres, (4 000 hectares) pour des projets d’agriculture (Model farming special zone-2 à Rangoon).  Sources : New light of Myanmar, 25 décembre 2011.
Le Courrier International a publié une interview de Tay Za à Raimondo Bultrini : « Vos sanctions vont nous jeter dans les bras de Pékin ». Tay Za y reconnait que ses liens avec les militaires lui ont permis de créer ses dizaines d’entreprises dans des secteurs aussi divers que les hélicoptères ou les rubis, et de dégager US $500 millions de chiffre d’affaires par an. Il reconnait que les sanctions sont sans effet. Selon lui, les sanctions économiques jettent la Birmanie dans les mains de la Chine qui investit en échange de nouvelles concessions. Tay Za s’étonne qu’il n’y ait pas de sanctions envers le Chine, et que la France et les États-Unis n’imposent pas le retrait de Chevron et Total.
2013 Tay Za possède 3 hôtels à Ngwe Saung, dont le Myanmar Treasure ; il gère aussi le camp des éléphants. En mars 2013, il rase un quartier d’une centaine de maisons pour construire un 4e hôtel de luxe à Ngwe Saung.
Des paysans ont écrit au Président Thein Sein au sujet des terres (101 ha) confisquées par le SPDC en 2000 puis louées par le UMEHL (holding de l’armée) en vue de la construction d’un complexe de luxe