Kalaywa

Chemise Falam.en soie. Photo Marchés d'Asie.

Chemise Falam.en soie. Photo Marchés d’Asie.

Près de l’Inde, une ville fermée

C’est à Rangoon que j’avais rêvé de Kalaymyo en touchant les couvertures en soie sombre dans lesquelles s’enroulent les hommes Haka. La ville n’est pas accessible aux étrangers par la route mais en avion, jusqu’à Kalay, puis en camionnette.

L’unique logement qui m’est accessible à Kalaymyo, la Thein Kyauw Aung guest-house, dispose de cellules au confort très sommaire pour 400 Kyats (trente centimes d’euros environ, en 2003 !). Pas de fenêtre et les cloisons ne vont pas jusqu’au plafond. En montant debout sur le lit, mon regard plonge sur le territoire du voisin ; une planche en bois couverte d’un tissu tient lieu de lit, une grille avec un cadenas ferme la cellule ! A la tombée du jour, je monte à la pagode et rencontre Daw K S, professeur de maths, qui parle anglais. Elle ne travaille pas le lendemain et se propose comme guide. Mais nous sommes rattrapées par un fonctionnaire de l’immigration qui inspecte mon passeport et m’informe de l’interdiction, de m’éloigner de plus de deux kilomètres du village. Nous essayons de négocier … Rien n’y fait !

En deux jours, je serai contrôlée cinq fois. Près du fleuve, un mémorial élevé par les japonais rappelle une bataille meurtrière de la seconde guerre mondiale ; Daw K S me montre les positions japonaises sur l’autre rive du fleuve pendant la seconde guerre mondiale. Le matin du troisième jour, le bateau part à 5 heures. Daw K S m’attend au port et nous prenons un dernier repas ensemble. Elle tient à prendre mon billet, me met dans les mains deux bambous pleins de riz gluant et m’accompagne à ma place avec cette dernière recommandation « Enlève tes chaussures, en cas de naufrage, tu auras moins de mal à nager ! » Le bateau rapide part à l’heure et, après une pause pour un déjeuner sur un banc de sable où sont installés deux petits restaurants, nous accostons à Mandalay en fin d’après-midi.